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Couvre-feu à Paris et en Île-de-France : "Il y a une pagaille effroyable au niveau de l'État", se fâche l’association des maires

"On subit ça depuis six mois... c'est absolument fou", s'emporte son vice-président qui critique des décisions prises "seul, ou à trois ou quatre dans un cabinet ministériel".

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Radio France
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Jean-Philippe Dugoin-Clément, vice-président de l’association des maires d’Île-de-France et maire UDI de Mennecy, dans l’Essonne, 26 novembre 2019. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

"Il y a une pagaille effroyable au niveau de l'État", s’est agacé sur franceinfo mardi 3 novembre Jean-Philippe Dugoin-Clément, vice-président de l’association des maires d’Île-de-France et maire UDI de Mennecy, dans l’Essonne. Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, a annoncé dans la matinée sur BFM l’instauration d’un couvre-feu "sur Paris et peut-être l'Île-de-France", mais Matignon a démenti peu avant 10 heures, déclarant qu’un couvre-feu n'est "absolument pas décidé à ce stade". "On subit ça depuis six mois, mais c'est absolument fou", a déclaré Jean-Philippe Dugoin-Clément.

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"Personne ne sait où on va. On est sur des logiques d'ordres et de contre-ordres, de signaux divergents. C'est quelque chose de fou", a insisté le maire UDI. "Certains collègues étaient ce matin en réunion de crise avec la préfecture de l'Essonne et les services de l'État, et ont appris, au même titre que la préfecture de l'Essonne, par les push téléphoniques des chaînes d'information, qu'il y aurait un couvre-feu. Il y a un problème méthode", a-t-il insisté.

On a un État qui, je pense, est en difficulté, qui n'a plus de cohérence, qui manque de colonne vertébrale. Il décide tout seul, réagit, surréagit, et le tout sans concertation.

Jean-Philippe Dugoin-Clément, vice-président de l’association des maires d’Île-de-France et maire UDI de Mennecy

à franceinfo

Jean-Philippe Dugoin-Clément dénonce cette méthode qu’il a estimé "inefficace". "On ne peut pas faire comme ça. Quand vous décidez seul, ou à trois ou quatre dans un cabinet ministériel, ou en surréaction par rapport à un phénomène médiatique, bien souvent, vous vous plantez", a averti le vice-président de l’association des maires d’Île-de-France, faisant notamment référence à la polémique autour de la fermeture des librairies et des commerces non-alimentaires dans les petites villes.

Redondance et manque de moyens

"C'est ce qui se passe avec les commerces de proximité, où on a créé des aberrations, et où les Français ne comprennent pas et ressentent cela comme une injustice", a-t-il témoigné. Jean-Philippe Dugoin-Clément ne s’oppose pas sur le principe d’un couvre-feu, face à "une pandémie qui est galopante", mais "on ne peut pas le faire sur une annonce médiatique à 8 heures, sur un plateau de télévision, avec des ministres qui disent des choses différentes sans aucune concertation".

Sur le principe, un couvre-feu serait "complètement redondant avec le confinement", a-t-il estimé, insistant sur le fait qu’il n’a de sens que "si on met les moyens de contrôle suffisants". "C'est renforcé psychologiquement le confinement. Pourquoi pas ? Moi, je n'y suis pas forcément opposé. Maintenant, comment est-ce qu'on va le faire respecter ? Comment on va le contrôler ? Quels moyens vont être mis en place pour le tenir ? Je rappelle qu'on est quand même en alerte attentat. À titre personnel, ma police municipale est mobilisée sur les écoles, sur les lieux de culte. Je ne suis pas convaincu de pouvoir, d'un claquement de doigts, parce qu'un ministre aura décidé sur une chaîne d'information, qu'on devait mettre un couvre-feu".

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