Coronavirus : une sociologue craint un "sentiment de relégation" chez les grands-parents "tenus à l'écart" pendant les vacances

Pour Françoise Le Borgne-Uguen, professeure de sociologie, il y a un risque que les personnes âgées soient "vues comme des personnes uniquement à risque" par leurs proches.

Avec l\'épidémie de coronavirus, les grands-parents sont souvent obligés de se contenter des appels derrière les écrans d\'ordinateur par vidéo interposée.
Avec l'épidémie de coronavirus, les grands-parents sont souvent obligés de se contenter des appels derrière les écrans d'ordinateur par vidéo interposée. (VANESSA MEYER / MAXPPP)

"Les relations entre générations, qui sont souvent pourtant glorifiée et mises en évidence durant l'été, vont cette année être discutées", a expliqué lundi 13 juillet sur franceinfo Françoise Le Borgne-Uguen, professeure de sociologie à l'université de Bretagne occidentale, alors que de nombreux parents se demandent s'ils doivent faire garder leurs enfants par les grands-parents, en raison des risques liés à l'épidémie de coronavirus.

"La place des plus anciens" remise en question

Habituellement, "49% des enfants de moins de 6 ans sont gardés par leurs grands-parents pendant les vacances ou les week-ends", indique Françoise Le Borgne-Uguen. Ce dilemme "peut poser des questions de sentiment de relégation chez des vieilles personnes qui font l'expérience d'être, d'une certaine manière, tenues à l'écart de l'expérience qu'elles pourraient apporter à leurs petits-enfants", souligne-t-elle, en craignant que les personnes âgées soient "vues comme des personnes uniquement à risque, alors qu'on sait très bien que ces vieilles personnes représentent aussi des ressources pour alléger le poids des enfants ou des adolescents dans les familles". "Le fait de vivre des expériences de transmission qui donnent aussi une certaine profondeur, un certain élan au fait qu'on va vivre tous de plus en plus vieux", ajoute la professeure de sociologie.

"Cela pose la question de la place des plus anciens dans des familles, alors qu'on est dans une société à quatre générations", selon Françoise Le Borgne-Uguen, mais tous les grands-parents ne sont pas concernés : en moyenne, une femme sur deux devient grand-mère à 54 ans, et les hommes deviennent grands-pères à 56 ans en moyenne,