"C'est démoralisant de venir travailler et d'avoir si peu de monde" : même ouverts, les salons de coiffure peinent à se remplir

Ce sont des commerces dits "essentiels" dans la troisième version du confinement. Mais les salons de coiffure ont bien du mal à trouver des clients, notamment à Paris.

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Les salons de coiffure sont souvent désertés par les clients. Photo d'illustration. (Adeline Divoux / Radio France)

Le salon de coiffure "Coupe et chic" est bien ouvert dans le XVe arrondissement de Paris, mais le carnet de rendez-vous sonne creux. "Mercredi je n'ai personne et mardi j'ai deux rendez-vous, c'est déprimant", explique Margot, la propriétaire des lieux.

Malgré les restrictions sanitaires contre le Covid-19, les coiffeurs ont été autorisés à ouvrir. "J'ai été contente au début quand on nous a dit qu'on restait ouvert. Mais il n'y a personne puisque tout le monde a déserté Paris", poursuit Margot, "c'est démoralisant de venir travailler et d'avoir si peu de monde."

Moins de soins accordés aux cheveux

"Le chiffre d'affaires va être catastrophique, je suis au moins à 50% de pertes", se désole Margot. D'après son analyse, le manque de fréquentation provient aussi d'un laisser-aller né du premier confinement : "Là je coiffe des messieurs qui ne sont pas venus depuis trois mois. Ils ont pris l'habitude de ne plus venir, ils y ont presque pris goût."

"J'aurais préféré être fermée et être dédommagée plutôt que de rester ouverte et d'avoir des problèmes à la fin du mois."

Margot, propriétaire du salon de coiffure "Coupe et chic"

à franceinfo

L'une des clientes présente dans le salon confirme l'argument avancé. "Je viens une fois tous les quinze jours, avant c'était une fois par semaine, explique-t-elle. Avant on sortait, maintenant non, même la famille on ne les voit pas."

Les salons pénalisés par le télétravail

Globalement c'est tout le secteur qui est en souffrance. "Aujourd'hui 60% des entreprises tiennent, se stabilisent et 40% me parlent d'une baisse", détaille Christophe Doré, président de l'Unec, l'Union nationale des entreprises de coiffure. "Dans les grandes villes, le télétravail nuit à l'économie des salons de coiffure. Néanmoins cette tendance n'est pas généralisée, explique-t-il. Depuis le premier jour, je suis en contact avec le ministre des TPE/PME Alain Griset en lui disant 'super on est reconnus essentiels, mais il ne faut pas non plus qu'on soit trop impactés économiquement."

L'UNEC dit maintenir la pression sur le gouvernement pour que les coiffeurs en difficultés actuellement puissent bénéficier du fond de solidarité.

Les salons de coiffure peinent à se remplir - Reportage de Benjamin Illy
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