Appels à la prière devant les églises : "Ces manifestations sont autorisées, donc les policiers ne peuvent pas légalement verbaliser", défend l'association Pour la messe

Plusieurs centaines de catholiques se sont rassemblés devant la cathédrale de Versailles et Nantes dimanche dernier. D'autres manifestations sont prévues ce week-end dans d'autres régions malgré le confinement. Gérald Darmanin les menace d'une verbalisation.

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Radio France
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La cathédrâle de Nantes, le 19 juillet 2020. (SEBASTIEN SALOM-GOMIS / AFP)

Deux rassemblements de catholiques réclamant de pouvoir continuer à célébrer la messe, suspendue pendant le confinement, ont eu lieu dimanche dernier à Versailles et à Nantes. Plusieurs appels à des prières devant des églises ont été lancés à Bordeaux, Nice, Tours ou encore Paris pour vendredi 13 novembre et ce week-end.

Gérald Darmanin a indiqué que les croyants qui se réuniraient devant des églises seront verbalisés "dès ce week-end". "Ces manifestations sont autorisées, donc les policiers ne peuvent pas légalement verbaliser", a réagi ce vendredi sur franceinfo Jean-Benoît Harel, fondateur de l’association Pour la messe.

franceinfo : Allez-vous participer à ces prières ?

Jean-Benoît Harel : Avec l'association Pour la messe nous avons lancé une pétition, il y a deux semaines, qui a recueilli plus de 100 000 signatures. Notre ligne est de favoriser toutes les possibilités pour aller à la messe. On peut toujours aller à l'église en cochant la case motif familial impérieux, on peut toujours recevoir le sacrement de réconciliation, donc il y a des possibilités. Avec Pour la messe nous n'organisons pas ces manifestations mais nous les relayons.

Faut-il les maintenir malgré le risque de verbalisation ? 

Nous sommes un peu étonnés de la déclaration de Gérald Darmanin. Il montre tout de suite la sanction. Il faut savoir que les manifestations sont autorisées, je vous laisse aller voir le décret du 29 octobre 2020 et l'article 3. Les manifestations revendicatives sont autorisées. Donc c'est un moyen d'expression qui est encore possible et nous utilisons les voix de la République. Les préfets n'ont pas interdit ces manifestations. Nous considérons que si Gérald Darmanin souhaite verbaliser des personnes qui se rendent à des manifestations qui n'ont pas été interdites c'est peut-être lui qui bafoue les lois de la République.

Vous ne craignez donc pas la verbalisation ?

Ces manifestations sont autorisées, donc les policiers ne peuvent pas légalement verbaliser ces catholiques. Les représentants et les organisateurs de ces manifestations ont généralement déposé une déclaration en préfecture et sont en lien avec les autorités. On encourage ces initiatives à partir du moment où elles respectent les lois de la République.

Pourquoi réclamez-vous un droit à la messe alors que les églises, comme les mosquées et les synagogues, restent ouvertes aux fidèles ?

La messe est essentielle pour un catholique. Au mois de mars, on ne savait pas que cela allait durer deux mois. Cela a été difficile pour certains catholiques de vivre la période du Carême, la période de Pâques sans les fêtes. Quand on voit que les écoles, les collèges, les lycées accueillent encore de nombreux élèves dans des locaux parfois étroits, on s'étonne que les catholiques ne puissent pas se réunir dans des églises où la place ne manque pas.

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