Annonces de Jean Castex : le président de la Somme attend des "moyens complémentaires" pour les 20 départements en surveillance renforcée

Stéphane Haussoulier, président du Conseil départemental de la Somme, souhaite des moyens médicaux complémentaires dans les territoires en "situation difficile" face à l'épidémie de Covid-19.

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 3 min.
Un soignant dans un couloir de l'hôpital d'Abbeville (Somme), le 13 novembre 2020. (DOMINIQUE TOUCHART / MAXPPP)

"J'attends du Premier ministre et du gouvernement que dans les vingt départements où nous sommes en situation difficile, des moyens complémentaires soient mobilisés", a réclamé jeudi 25 février sur franceinfo Stéphane Haussoulier, président du département de la Somme et premier adjoint au Maire de Saint-Valéry-sur-Somme. Son département fait partie des 20 départements "sous surveillance" selon Jean Castex. Le Premier ministre souhaite un échange entre l'Etat et les élus locaux de ces départements d'ici à la fin de semaine prochaine, pour décider ou non de reconfinements à la carte, notamment.

franceinfo : Comment avez-vous accueilli ces annonces ?

On savait que la situation sanitaire du département était compliquée depuis quelques semaines, que dans l'ouest du département, on a des taux d'incidence extrêmement élevés depuis plus de trois semaines. On se doutait que quelque chose pouvait se préparer. Dans les annonces du Premier ministre, il a surtout été dit que nous n'étions pas encore confinés, que nous étions sous surveillance. On peut aussi se dire que chacun peut prendre ses responsabilités. Je me dis qu'on a encore une semaine pour discuter, se réveiller, être un peu plus responsables les uns les autres. La préfète a pris des décisions sur l'ouest du département pour imposer le masque partout, mais encore faut-il qu'il soit porté, convenablement. J'en appelle aussi aux forces de l'ordre, aux polices municipales, lorsqu'elles sont en responsabilité, pour verbaliser celles et ceux qui ne se comportent pas normalement. Pour les touristes en baie de Somme, la règle est la même pour tout le monde. Si on ne veut pas être condamnés à résidence dans quelques jours, on peut encore faire en sorte que chacun se réveille et se saisisse de ce problème. Je ne me condamne pas à l'idée d'être confiné demain, car je sais aussi que l'économie du département est en jeu.

Craignez-vous pour le tourisme dans votre département ?

Le tourisme notamment, mais il y a aussi des secteurs d'activité en grande fragilité. J'ai du mal à arbitrer mais je sais qu'il faut que l'état sanitaire de notre pays s'améliore, mais je sais aussi que l'état de notre économie est aujourd'hui extrêmement compliqué. Il faut trouver la ligne de crête à suivre pour faire en sorte que demain, nous puissions imaginer un avenir où chacun intègre l'idée que nous devons vivre avec ce virus. L'Etat doit aussi prendre ses responsabilités : j'attends du Premier ministre et du gouvernement que dans les vingt départements où nous sommes en situation difficile, des moyens complémentaires soient mobilisés. Je ne peux pas me satisfaire qu'1,7 % de la population de la Somme soit vacciné. Qu'on distingue les endroits où il y a des grandes difficultés et les endroits où il y en a moins. Je trouve cela normal que des moyens médicaux complémentaires puissent être mobilisés, notamment de vaccination.

Êtes-vous donc convaincu par l'idée d'un confinement à la carte, en fonction des territoires ?

A la carte oui, mais au sein d'un département, il faut discuter des zones. Ce qui est vrai en baie de Somme ou dans le centre-ville d'Amiens n'est certainement pas vrai dans la partie la plus rurale de notre département. C'est ce travail que madame la préfète devra engager dans les jours qui viennent si véritablement les choses ne s'améliorent pas. J'en appelle au bon sens de l'Etat pour faire en sorte que là où c'est utile, nous puissions imaginer peut-être des reconfinements temporaires, et que là où c'est moins utile, qu'on puisse laisser au moins le week-end être vécu un peu normalement.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.