Chine : "Je devais voir mon mari en prison, mais ma visite a été annulée à cause de l'épidémie"

Les proches de détenus chinois s'inquiètent de la propagation du coronavirus Covid-19 en prison. 

Des policiers chinois en faction à Pékin le 2 février 2020. 
Des policiers chinois en faction à Pékin le 2 février 2020.  (KOKI KATAOKA / YOMIURI / THE YOMIURI SHIMBUN)

Depuis plusieurs jours, des familles de détenus chinois s'inquiétaient de l'irruption de l'épidémie dans plusieurs prisons du pays. Vendredi 21 février, Pékin dénombrait 500 cas de contamination en détention. Dans la prison de Rencheng de la province du Shandong, 200 prisonniers et sept gardiens ont contracté la maladie.

C'est dans l'une des prisons de cette province du Shandong qu'est incarcéré Wang Quanzhang, un célèbre avocat des Droits de l'homme, pris dans les filets d'une vague d'arrestations des avocats en 2016. Son épouse, Li Wenzhou, n'a aucune nouvelle de lui : "Je devais aller à la prison pour voir mon mari, mais on a annulé ma visite à cause de l'épidémie. Chaque jour, j'appelle parce que la prison ne peut pas me priver de ce droit."

Des directeurs de prisons renvoyés

Malgré son insistance, Li Wenzhou n'a pas réussi à savoir quel était le dispositif de confinement dans la prison où est détenu son mari Wang Quanzhang : "Je ne sais pas quelles sont les mesures de prévention et de contrôle. Je voudrais parler directement à mon mari pour savoir si sa santé est bonne. J'ai très peur." 

Accusé de négligence, le responsable de la justice du Shandong a été limogé. Le confinement des prisonniers représente un défi particulièrement sensible pour les autorités sanitaires dans le Hubei, la province d'où est partie l'épidémie. Une prison de femmes y est touchée avec 230 cas. Le directeur ainsi que plusieurs gardiens ont été renvoyés. Enfin la diaspora ouïghours lance aussi l'alerte sur les risques sérieux d'une contagion dans les centres d'internement du Xinjiang, avant qu'il ne soit trop tard.

Le reportage de Dominique André
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