Coronavirus Covid-19 : quelque 500 contaminés dans les prisons chinoises, nouveau foyer de contagion

Deux établissements pénitentiaires chinois comptent au moins 200 détenus infectés par le nouveau coronavirus, ont annoncé les autorités vendredi. 

Un membre du personnel soignant à l\'hôpital Jinyintan de Wuhan (Chine), épicentre de l\'épidémie de coronavirus Covid-19, le 13 février 2020. 
Un membre du personnel soignant à l'hôpital Jinyintan de Wuhan (Chine), épicentre de l'épidémie de coronavirus Covid-19, le 13 février 2020.  (CHINA DAILY CDIC / REUTERS)

Un nouveau foyer de propagation du Covid-19 ? La Chine a fait état de quelque 500 cas de contamination au nouveau coronavirus dans ses prisons, vendredi 21 février, deux établissements pénitentiaires comptant chacun au moins 200 détenus infectés.

Le Hubei, province du centre de la Chine à l'épicentre de l'épidémie, a annoncé 271 cas de contamination dans ses prisons, dont 220 cas n'ayant pas été recensés jusqu'ici. Quelque 230 cas ont été enregistrés dans la seule prison pour femmes de Wuhan, chef-lieu de la province, et 41 cas dans un autre centre pénitentiaire, a précisé le directeur de l'administration pénitentiaire au ministère de la Justice. "Je me fais des reproches", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Au-delà du Hubei, au moins 34 cas de contamination ont été identifiés dans la prison de Shilifeng, dans la province du Zhejiang. Un gardien employé dans la prison touchée avait "délibérément dissimulé" qu'il avait effectué un voyage au Hubei mi-janvier, tout en continuant par la suite à travailler, a déploré le directeur adjoint de la justice au Zhejiang. Le gardien, testé positif le 29 janvier, "a infecté de nombreux prisonniers", s'est-il indigné. Selon lui, les détenus contaminés sont désormais isolés pour recevoir un traitement.

Surtout, au moins 200 détenus et sept gardiens de la prison de Rencheng, dans la province du Shandong, ont été contaminés par le nouveau coronavirus, ont indiqué vendredi les autorités sanitaires locales. "La mise en oeuvre des mesures de prévention et de contrôle n'a pas été efficace", a reconnu vendredi le chef de l'administration pénitentiaire au Shandong, lors d'une conférence de presse.

De nombreux dirigeants révoqués

Vendredi, les annonces de sanctions pleuvaient contre les cadres pénitentiaires accusés d'avoir fait preuve de négligence.

Selon le Quotidien du Hubei, un journal local officiel, le directeur de la prison pour femmes de Wuhan a été limogé. Au Zhejiang, le directeur de la prison de Shilifeng a également été révoqué, ainsi qu'un cadre local. Le gouvernement central a également diligenté une mission pour mener "une enquête approfondie" sur la prison de Rencheng, d'après l'agence de presse étatique Chine nouvelle. D'ores et déjà, le responsable de la justice au Shandong et sept autres cadres pénitentiaires ont été limogés, a annoncé le gouvernement provincial.

La diaspora ouïghoure alerte depuis plusieurs semaines sur les risques d'une "contagion massive" par le virus dans les centres d'internement du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine. Selon ONG et experts, des centaines de milliers de membres de cette ethnie musulmane sont détenus dans cette région.