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"Ça va faire du bien de reprendre une activité normale" : une librairie parisienne se prépare à rouvrir avec la fin du confinement

Grégoire Lortat-Jacob prépare sa boutique, la librairie Longtemps dans le 19e arrondissement de Paris, pour accueillir ses clients presque comme avant le confinement.

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Radio France
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 (DAMIEN MEYER / AFP)

Depuis deux semaines Grégoire Lortat-Jacob revoit quelques clients. "Bonjour ! Alors attendez, je mets juste mon masque", lance-t-il à une cliente venue dans la librairie Longtemps située dans le 19e arrondissement. On peut commander en ligne avec retrait au comptoir, mais dès la semaine prochaine avec le déconfinement prévu le 11 mai, on pourra à nouveau déambuler dans les allées et feuilleter les ouvrages. "Les gens, la première question qu’ils posent c’est de pouvoir toucher et prendre en main pour pouvoir regarder la 4e de couverture, explique Grégoire. Et ça, on ne pourra pas l’enlever aux gens qui rentrent dans une librairie."

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Pour ça, les clients devront porter un masques et se laver les mains en arrivant. "Nous avons à l’entrée, sur la table, une borne avec du gel hydroalcoolique", indique Grégoire. Il n’y aura aussi pas plus de cinq clients à la fois, avec un marquage au sol à la caisse et une désinfection régulière du comptoir en attendant une vitre en Plexiglas : "C’est un peu complexe, c’est un produit qui est très demandé par beaucoup de monde. Il faut attendre un mois avant de pouvoir en avoir une."

Retour des salariées et des clients

La semaine prochaine, Grégoire va aussi faire revenir ses deux salariées au chômage partiel depuis la mi-mars. Elles vont être en horaires décalés pour leur éviter l’heure de pointe dans le métro. Sarah, confinée en Essonne, est à la fois impatiente et inquiète : "Ça va faire du bien d’enfin sortir de chez soi et de reprendre une activité normale. Et en même temps, on va reprendre avec des clients qu’on a l’habitude de voir et on va garder des distances que l’on n’avait pas avant, ça va forcément mettre une barrière entre nous."

Alors ces clients seront-ils justement au rendez-vous ? Pas tous, tout de suite, si l’on en croit Sophie venue retirer quelques livres. "Je ne me sens pas encore prête à toucher des livres, etc", confie-t-elle.

Flâner dans les magasins, c’est encore un peu tôt.

Sophie, cliente de la librairie Longtemps

à franceinfo

La crainte pour Grégoire, c’est de savoir si sa boutique va rester viable avec les commandes en ligne, il ne fait pas plus de 20% de son chiffre d’affaire habituel. "La librairie est le commerce qui avait l’équilibre le plus précaire concernant la rentabilité économique, explique-t-il. Aujourd’hui, avec une petite baisse de chiffre d’affaire que va-t-il se passer ? Je pense qu’il y aura pas mal de casse."

L’autre inquiétude pour Grégoire, c’est que sa librairie soit un jour vecteur du virus : "Je vivrais très très mal que quelqu’un tombe malade à cause de moi."

Ecoutez le reportage de Jérôme Jadot dans une librairie parisienne
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