"C'est toujours notre faute" : pour lutter contre le coronavirus, le gouvernement italien pousse les jeunes à se faire dépister

De l'autre côté des Alpes, si le nombre de cas ne remontent pas autant qu'en Espagne ou en France, le gouvernement met la pression sur les jeunes qui reviennent de vacances pour se faire tester au Covid-19. 

Des jeunes dans les rues de Rome devant un bar, le 18 mai 2020. 
Des jeunes dans les rues de Rome devant un bar, le 18 mai 2020.  (ALBERTO PIZZOLI / AFP)

Alors que l'Espagne a décidé de fermer ses discothèques pour lutter contre l'épidémie de coronavirus, la question se pose aussi en Italie car les jeunes sont désormais pointés du doigt. Même si le pays connaît bien moins de nouveaux cas que l'Espagne ou la France : 500 par jour contre près de 3 000 en Espagne, l'Italie, premier pays touché par cette crise en Europe, ne veut pas relâcher la bride et met la pression sur les jeunes. 

Des tests pour les jeunes de retour de l'étranger 

S'ils reviennent d'Espagne, de Grèce, de Croatie ou de Malte, tous les Italiens doivent se faire tester, les jeunes en priorité car ils sont "présumés coupables" d'avoir fait la fête sans se protéger. Une attitude qui n'étonne pas Vittoria, 19 ans : "C'est toujours la faute des jeunes, déplore-t-elle, et pas seulement dans ce cas-là, c'est toujours comme ça ! C'est pas vraiment juste mais on passe tous par là !" Et pourtant Vittoria estime faire attention lorsqu'elle sort le soir. "Bien sûr le masque est obligatoire à l'intérieur du bar alors je cherche toujours à sortir vite avec un verre pour consommer à l'extérieur, là où on peut plus facilement respecter les distances."

Sur les terrasses du centre de Rome le soir, très peu de monde portent un masque et respectent la distanciation physique. Giacomo, 22 ans, a son masque autour du bras. Il s'est tout de même fixé des limites : "Moi je ne suis jamais allé danser en discothèque cet été parce que je préfère rentrer à l'université en septembre. Ma priorité c'est mon avenir plutôt qu'une heure en discothèque", explique le jeune homme. Et pour éviter de compromettre la rentrée qui arrive bientôt, certaines régions d'Italie envisagent même un couvre-feu.