"C'est dur de se mettre dans l'état d'esprit d’aller faire de la compétition" : les stars du ski français apportent leur soutien aux stations fermées

Les épreuves de Coupe de monde de ski reprennent, malgré la fermeture des stations en France, à cause de l’épidémie de Covid-19. Originaires de Courchevel ou de Val d’Isère, des skieurs français leur apportent leur soutien.

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Radio France
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La coupe du monde de ski alpin a fait étape à Val d'Isère en Savoie le 12 et 13 décembre. (NICOLAS PERONNET / FRANCE-BLEU PAYS DE SAVOIE)

Que ce soit à Courchevel, ou à Val d’Isère, les stations sont quasiment désertes. Les seuls skieurs à l’horizon sont les professionnels, près de l'unique piste ouverte à l’occasion d’une manche de la Coupe du monde. Elle est éclairée, des piquets sont plantés dans la neige et un peu de monde autour. En France, les remontées mécaniques ne pourront pas rouvrir avant le début du mois de janvier, si les conditions sanitaires le permettent.

"Trouver la motivation n’a pas été évidente"

Johan Clarey, 39 ans, est attaché à la station de Tignes, en Savoie. Professionnel depuis 17 ans, il se désespère de cette situation. "Ça me fout le cafard. Ça me rend plutôt triste. Je ne vais pas mentir, je ne vais pas me réjouir car moi je peux reprendre le ski."

Le skieur est très remonté. La fermeture des remontées mécaniques à un impact fort sur les stations : "J’ai lu des commentaires sur internet qui ne comprennent pas ce qui se passe. Non ce n’est pas juste une saison de perdue. Beaucoup de gens s’investissent énormément dans ce qu'ils font. Ils travaillent comme des fous pour mettre toutes les économies d'une vie pour essayer de s'en sortir."

"Non ce n’est pas 'juste une saison de perdue'. Beaucoup de gens s’investissent énormément dans ce qu'ils font."

Johan Clarey

Le skieur de Tignes poursuit : "Et excusez-moi, je vais parler vulgairement, mais ça va être la merde pour beaucoup de monde. Moi, ça me touche parce que mes parents viennent de ce monde-là, parce que je viens de ce monde-là, et on en dépend, on est au cœur au cœur du système." Et peu importe si Johann Clarey peut remonter sur les skis et dévaler les pistes : "Oui, on est content parce qu'on va aller faire quatre virages le matin pour s’entraîner. C'est super. Mais moi, c'est dur de me mettre dans l'état d'esprit, d’aller faire de la compétition et aller au charbon. Honnêtement, trouver la motivation n'a pas été hyper évident."

Une triste ambiance en station

De son côté, la leader de l'équipe de France féminine Tessa Worley, sponsorisée par la station du Grand-Bornand en Haute-Savoie, regrette le manque de supporters au bord des pistes, et l’atmosphère des compétitions : "C’est compliqué, lors des courses, l’ambiance est différente, et plus triste. C'est malheureusement comme ça." Et pourtant, Tessa Worley essaie de positiver : "On a la chance de pouvoir faire du ski, faire notre sport, avoir une saison qui démarre et qui démarre bien. Les compétitions s'enchaînent et ça se passe bien, car on va essayer de faire rêver un peu la montagne à travers nos courses et à travers notre ski." La skieuse conclut : "C'est sûr que c'est une période difficile pour tout le monde."

Les remontées mécaniques ouvriront, si les conditions sanitaires le permettent, le 7 janvier. Le 3 décembre, le conseil d’Etat a rejeté la demande des exploitants.

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