"Avec le virus, tout est à l'arrêt" : à Créteil, le nombre de bénéficiaires de l'aide alimentaire a triplé en pleine crise sanitaire

Au mois d'août, les distributions d'aide alimentaire se font plus rares alors que les demandes sont nombreuses, notamment de la part d'un nouveau public, venu à l'aide alimentaire en raison de la crise sanitaire actuelle.

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Edité par Pauline Pennanec'h - Renaud Candelier
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Gabriella, étudiante en psychologie, récupère son colis à "Août secours alimentaire", dispositif mis en place par le diocèse et la mosquée de Créteil. (RENAUD CANDELIER / RADIO FRANCE)

À 61 ans, Pierre* vient depuis quelques semaines à l'association Août secours alimentaire. Ce dispositif, mis en place par le diocèse et la mosquée de Créteil (Val-de-Marne), lui permet de récupérer "du gratin, des lentilles, du couscous, du pain, un peu de tout", décrit-il. Pierre travaille via le site d'annonces Le Bon Coin et fait des petits boulots qu'il ne déclare pas. Cela va de l'électricité à la plomberie, "ce que vous voulez !". "Auparavant, je vivais le plus normalement du monde, mais avec le virus, tout est à l'arrêt, déplore le sexagénaire. Vous ne pouvez pas vous présenter chez quelqu'un pour lui faire l'électricité ou la plomberie, le virus a tout bloqué."

Beaucoup d'étudiants dans le besoin

Comme pour Pierre, la crise économique a accentué les difficultés des plus fragiles. Gabriella, une étudiante de 22 ans, vit avec sa mère, aujourd'hui au chômage. "On n'a pas beaucoup d'argent", avoue la jeune femme. Sa mère est femme de chambre à l'hôtel, un secteur ruiné par la crise. L'étudiante a envoyé de nombreux CV, mais n'a pas non plus trouvé de petit boulot pour sortir de la galère.

De trop nombreux étudiants ont réclamé de l'aide alimentaire, constate Marie-Thérèse Groyer-Picard, responsable d'Août Secours alimentaire pour le diocèse du Val-de-Marne. "J'ai eu plusieurs étudiants qui m'ont téléphoné en me disant : 'Comment fait-on pour obtenir un logement ?'. C'est impossible puisque le service était fermé, explique-t-elle. Nous avons aussi beaucoup de gens qui sont au 115, des gens qui sont en instance d'avoir leurs papiers, et qui ont perdu des mois dans les demandes qu'ils faisaient."

On ne peut payer à la fois son loyer et ses charges, on paie le loyer parce qu'on n'a pas envie d'être à la rue, mais après il faut trouver de l'argent pour manger.

Marie-Thérèse Groyer-Picard

à franceinfo

Parmi ces jeunes qui viennent demander de l'aide alimentaire, il y a aussi Awa, une jeune femme de 22 ans, avec son bébé âgé d'un mois à peine. Elle faisait des ménages, mais son contrat n'a pas été reconduit lorsque son patron a appris qu'elle était enceinte. À Créteil, le nombre d'inscrits à Août secours alimentaire a triplé : environ 300 colis sont donnés à chaque distribution.

*Le prénom a été changé.

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