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Précarité liée au coronavirus : l'association Août secours alimentaire constate "entre 15% et 20% d'augmentation" des demandes "sur tous les centres d'aide"

Les nouvelles demandes d'aide proviennent "d'étudiants, de personnes qui faisaient des ventes de produits dans la rue, des personnes du bâtiment" ou encore de "mamans seules", selon Anne-Marie Bredin, coordinatrice d’Août secours alimentaire (ASA), invitée jeudi 20 août sur franceinfo.

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Radio France
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Des membres de l'association Août secours alimentaire donnent des sacs de denrées à des personnes en situation de précarité, le 7 août 2014 à Paris.   (FRED DUFOUR / AFP)

Augmentation du nombre de licenciements depuis mi-mars, chômage partiel... la crise du coronavirus a engendré une crise économique, notamment en France. De nombreuses personnes se sont retrouvées en situation de précarité. "On constate entre 15 et 20% d'augmentation sur tous les centres" d'aide alimentaire, toutes les associations vont être sollicitées", a expliqué Anne-Marie Bredin, coordinatrice d’Août secours alimentaire (ASA), invitée jeudi 20 août sur franceinfo.

franceinfo : Est-ce que vous avez plus de demandes depuis le confinement ?

Anne-Marie Bredin : Absolument, sur tous les centres avec une concentration dans le sud de Paris, dans le 13e arrondissement, où il y a 30% d'augmentation. En général, on constate entre 15% et 20% d'augmentation sur tous les centres. Sur le centre du 13e, où on a l'habitude de fabriquer 500 colis familiaux, on est entre 850 et 900 colis. Donc on n'est pas loin du double et cela a un impact sur les stocks et sur les centres. Je pense que toutes les associations d'aide alimentaire vont être sollicitées. Tous ceux qui reprennent vont avoir de l'affluence et besoin d'aide au niveau de leur budget.

Quel est le profil des nouveaux demandeurs ?

C'est très varié. Il s'agit d'étudiants, de personnes qui faisaient des ventes de produits dans la rue, des personnes du bâtiment qui ne travaillent pas depuis quatre ou cinq mois, mais également des mamans seules qui vivaient de petits boulots et qui n'ont plus de ressources. On a donc tous les âges et tous les profils.

Est-ce dû au confinement ?

C'est très lié parce qu'on les reconnaît quand elles se présentent dans les centres sans carte. En règle générale, les personnes qui arrivent chez nous sont orientées par des associations ou des assistantes sociales qui les suivent toute l'année. Donc, on sait combien de personnes il faut attendre. Là, on a des personnes qui se présentent avec l'air un peu perdu et qui ne savent pas trop comment faire, mais qui disent avoir vraiment besoin d'une aide alimentaire d'urgence. Les personnes qui viennent sont dans un désarroi total. Elles n'arrivent pas à payer leurs factures, on leur coupe l'électricité, elles cherchent du travail.

Avez-vous suffisamment de denrées et de bénévoles ?

Grâce à la Fabrique de la solidarité, on a davantage de bénévoles jeunes. Cela fonctionne plutôt bien. On tourne avec moins de monde exprès pour simplifier les dispositifs et éviter les contacts. En revanche, pour les denrées, c'est compliqué puisqu'on utilise plus de produits et plus vite, donc les centres se vident un peu. Ce qui nous aide beaucoup, c'est l'entraide entre les associations qui nous proposent des denrées, donc on a beaucoup de logistique pour acheminer des denrées supplémentaires.

Vous lancez un appel à l'aide ?

Pour l'instant, on a encore cinq distributions à tenir avec plus de 1 000 personnes sur chaque centre, environ. Donc, tous les dons sont les bienvenus, du plus petit au plus généreux pour acheter des denrées. Nous ne dirons pas non aux dons en nature, notamment du lait pour bébé ou des couches parce que c'est très demandé. Pour ce qui est des masques, on en propose et on puise dans nos stocks pour en donner aux bénévoles. On les offre également aux bénéficiaires qui en ont besoin. Pour l'instant on tient, mais il reste encore cinq distributions. Donc les masques jetables sont encore les bienvenus.

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