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Le collectif de sages-femmes quitte une réunion de concertation sur leur statut

En grève depuis le 16 octobre, elles manifestent de nouveau, lundi à Paris. Objectif : peser sur la concertation en cours au ministère de la Santé et intégrer le statut de personnel médical.

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France Télévisions
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Des sages-femmes manifestent dans les rues de Paris, lundi 16 décembre 2013.  (CHARLES PLATIAU / REUTERS )

"Notre revendication est totalement flouée". Le collectif de sages-femmes, en grève illimitée depuis le 16 octobre pour une meilleure reconnaissance de leurs compétences, a quitté, lundi 16 décembre, une réunion de concertation au ministère de la Santé, à Paris. Il a claqué la porte faute d'avoir obtenu une réponse à la revendication principale des sages-femmes, a annoncé le porte-parole du Collège national des sages-femmes, Adrien Gantois.

Plus tôt, les sages-femmes ont défilé en début d'après-midi dans la capitale, de la place Denfert-Rochereau au ministère de la Santé, où se tenait la réunion. 

Entre 2 000 et 4 000 sages-femmes dans la rue

Le collectif d'associations et de syndicats de sages-femmes à l'origine du mouvement entendait ainsi maintenir la pression sur le ministère. Elles étaient 2 000 selon la police (4 000, selon les organisateurs). Elles ont fait face aux CRS devant le ministère de la Santé, refusant de quitter les lieux, indiquait sur Twitter notre journaliste sur place. 

La précédente "marche" des sages-femmes, le 7 novembre, avait rallié 4 000 manifestants selon la police, 6 000 selon les organisateurs. 

Une revendication sur le statut

Le collectif souhaite que les sages-femmes exerçant à l'hôpital sortent de la fonction publique hospitalière pour intégrer un statut médical qui leur permettrait d'être plus autonomes, sur le modèle des médecins. Elles sont actuellement considérées comme personnel non-médical, avec un salaire débutant à 1 400 euros net par mois. 

Edouard Couty, qui mène la concertation pour le ministère, "nous a fait deux propositions qui ne tiennent pas compte de nos revendications", a rapporté Adrien Gantois à l'issue de la concertation. Soit "rester dans la fonction publique hospitalière", soit obtenir un "nouveau statut de praticien en maïeutique qui aurait les inconvénients du statut de praticien hospitalier, sans les avantages", faisant des sages-femmes une "sous-filière médicale", estime-t-il.

De plus en plus de tâches à effectuer 

Les sages-femmes demandent également une reconnaissance comme professionnelles de premiers recours, c'est-à-dire comme les praticiens vers lesquels les femmes peuvent être orientées en premier pour leur suivi gynécologique, qu'elles soient enceintes ou non. Au-delà de l'accouchement, leurs tâches sont en effet variées, de l'installation d'un monitoring pour une grossesse difficile à la prescription d'un contraceptif, en passant par tout le suivi gynécologique de prévention et de contraception.

"Au fur et à mesure, notre profession s'est développée, on a augmenté nos compétences, mais on n'a pas su le médiatiser, on n'a pas communiqué sur nos compétences", témoignait une sage-femme pour France 3.  

La satisfaction de ces revendications leur permettrait d'être mieux rémunérées. "Bien sûr qu'on veut gagner décemment notre vie ! J'ai cinq ans d'études, la vie des gens tous les jours entre les mains et je suis à découvert chaque fin de mois", déplore Caroline Reiniche, sage-femme à Paris.

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