La Dépamide et le Dépakote interdits aux femmes enceintes

Cette interdiction a pour but d'éviter tout risque de malformations et troubles du développement de leur enfant.

Une femme prend de la Dépakine, à Paris.
Une femme prend de la Dépakine, à Paris. (GARO / PHANIE/AFP)

Les médicaments à base de valproate utilisés en psychiatrie, tels le Dépakote et la Dépamide produits par Sanofi, ne sont pas sans danger. Ils sont désormais interdits aux femmes enceintes souffrant de troubles bipolaires pour éviter tout risque de malformations et troubles du développement de leur enfant, a annoncé jeudi 6 juillet l'Agence française du médicament (ANSM).

Ces produits sont uniquement destinés à traiter les troubles bipolaires. Un autre médicament à base de valproate, la Dépakine, est utilisé pour soigner l'épilepsie. La Dépakine et ses dérivés ont provoqué depuis 1967 des malformations congénitales graves chez 2 150 à 4 100 enfants, dont les mères avaient pris ces traitements lorsqu'elles étaient enceintes.

"Dépakote" ou "Dépamide + grossesse = interdit"

L'ANSM a en outre annoncé que le Dépakote et la Dépamide étaient désormais également contre-indiqués chez les patientes bipolaires en âge de procréer et n'ayant pas une contraception efficace. Toutes ces mesures s'appliquent à partir de vendredi. "Dans le cas des troubles bipolaires, il y a toujours une alternative de traitement au valproate pendant la grossesse, alors que dans l'épilepsie, il y a des cas où l'on ne peut pas s'en passer", a expliqué le Dr Dominique Martin, directeur général de l'ANSM.

La mention "Dépakote" ou "Dépamide + grossesse = interdit" et un pictogramme représentant une femme enceinte entourée par un rond rouge barré figureront sur les boîtes de ces médicaments. Ces avertissements seront accompagnés de la mention "Ne pas utiliser chez les femmes en âge de procréer et sans contraception efficace, ou enceintes".

Un test de grossesse obligatoire avant de commencer le traitement

Chez les patientes bipolaires en âge de procréer, un test de grossesse, sur prélèvement sanguin effectué en laboratoire, sera dorénavant obligatoire avant de commencer le traitement initié par un psychiatre.

Le médecin devra s'assurer que la patiente dispose d'une "contraception efficace" (stérilet ou autre). La vérification du fait que la femme n'est pas enceinte devra ensuite se faire régulièrement en cours de traitement.