Vidéo Punaises de lit : "Pas de psychose, je ne suis pas certain qu'il y en ait plus qu'en 2019", estime l'auteur d’une proposition de loi sur ces insectes en 2022

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Article rédigé par France Info
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Une réunion interministérielle va se tenir ce vendredi au sujet des punaises de lit. "L'État ne peut pas tout faire, il faut travailler étroitement avec les collectivités, avec les entreprises qui interviennent", précise Bruno Studer, député Renaissance du Bas-Rhin.

"Pas de psychose, je ne suis pas certain qu'il y ait plus de punaises de lit qu'en 2019", a déclaré mercredi 4 octobre sur franceinfo Bruno Studer, député Renaissance du Bas-Rhin et auteur d’une proposition de loi sur les punaises de lit en 2022. Élisabeth Borne a annoncé une réunion interministérielle sur les punaises de lit vendredi 6 octobre et la création d'un observatoire, devant la recrudescence des cas.

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franceinfo : Plusieurs personnalités politiques, dont Mathilde Panot (LFI), accusent le gouvernement de n'avoir rien fait. Ont-ils raison ?

Bruno Studer : Elle a fondamentalement tort. On peut dire que les choses n'ont pas été assez loin et assez vite, mais de là à dire que rien n'a été fait ou qu'on lui a ri au nez, c'est honteux. En 2019, j'ai créé le premier groupe de travail à l'Assemblée nationale sur le sujet. J'ai une collègue qui a été missionnée à l'époque par Julien Denormandie, qui était très préoccupé par le sujet. À l'époque, Marseille était très touché par le phénomène, il y avait des écoles, des bibliothèques qui étaient fermées. Il faut connaître le phénomène dont on parle. Je ne suis pas certain aujourd'hui qu'il y ait plus de punaises de lit qu'en 2019. Les vidéos sur les réseaux sociaux, on ne sait pas quand elles ont été tournées et j'ai vu les mêmes à l'époque dans les Crous de Strasbourg. La RATP a démenti après examen l'infestation.

Le nombre d'interventions de désinfections a augmenté de 65 % sur la période juin, juillet, août 2023 par rapport à la même période de 2022. Comment expliquez-vous cela ?

Il y a eu une campagne de communication, des entreprises certifiées. En 2019, il y avait tout et n'importe quoi dans les entreprises qui intervenaient. Aujourd'hui, elles sont certifiées. Vous trouvez leur liste sur un site du gouvernement, vous avez un numéro vert, vous avez une plateforme qui permet de gagner en efficacité. Ce recensement des interventions repose sur un signalement qui est aujourd'hui volontaire. C'est à mon avis un des axes principaux qu'il faut cultiver dans les prochaines semaines, le recensement en rendant la déclaration des entreprises obligatoire.

Faut-il demander aux assureurs de l'ajouter à la liste des choses prises en charge par l'assurance habitation ?

C'est une des pistes très sérieuses envisagées. On voit qu'il y a différents modèles qui émergent. Au niveau de la ville de Paris, il y a eu une sorte de mutualité de la prise en charge des punaises de lit. La prise en charge assurantielle commence. Cela fait partie des grandes questions qu'il faut se poser. Il y a un régime de responsabilité qui est très clair, c'est le propriétaire qui est censé remettre un logement décent au locataire, en cas d'infestation, c'est à lui de prendre en charge la désinfection.

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Élisabeth Borne a annoncé une réunion interministérielle sur les punaises de lit ce vendredi et la création d'un observatoire. Est-ce qu'on va vers une réponse de l'État ?

L'État ne peut pas tout faire, il faut travailler étroitement avec les collectivités, avec les entreprises qui interviennent. La seule façon d'être certain de l'infestation d'un logement, c'est la détection canine. Vous avez aussi les entreprises de transport et on a vu que la RATP a démenti après examen l'infestation. Il faut savoir raison gardée, pas de panique, pas de psychose. Il y avait des cinémas à Paris qui faisaient de la détection canine une fois par mois, mais qui se gardaient bien de le dire. Aux États-Unis, à New York, dans les établissements qui reçoivent du public, vous avez des placards qui disent : 'ici nous avons fait une détection'.

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