Le pass sanitaire obligatoire à l'hôpital, une "hérésie" selon le professeur Marc Leone

Chef du service anesthésie-réanimation de l’Hôpital Nord de Marseille, il estime non "éthique" de refuser des patients qui se présenteraient sans pass sanitaire. 

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Radio France
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L’Hôpital Nord de Marseille. (DAVID AUSSILLOU / RADIO FRANCE)

"Je n'arrive pas à croire qu'on va empêcher des gens de venir se faire soigner", a déclaré Marc Leone, secrétaire général de la Société française d’anesthésie et de réanimation (SFAR) et chef du service anesthésie-réanimation de l’Hôpital Nord de Marseille mardi 3 août sur franceinfo. "Penser qu'un patient qui a besoin de soins ne sera pas admis à l'hôpital c'est une hérésie, un patient qui arrive à l'hôpital qui a besoin d'un soin sera pris en charge même s'il n'est pas vacciné", a-t-il assuré alors que le pass sanitaire doit devenir obligatoire à l'entrée des hôpitaux en cas de validation du texte de loi par le Conseil constitutionnel.

franceinfo : Le projet de loi sanitaire prévoit de rendre obligatoire le pass sanitaire pour entrer à l'hôpital, qu'en pensez-vous ?

Marc Leone : Je n'arrive pas à croire qu'on va empêcher des gens de venir se faire soigner. L'hôpital est ouvert à tout le monde. Les gens qui sont malades doivent venir à l'hôpital quelle que soit leur situation sanitaire. Penser qu'un patient qui a besoin de soins ne sera pas admis à l'hôpital c'est une hérésie. Un patient qui arrive à l'hôpital, qui a besoin d'un soin, sera pris en charge même s'il n'est pas vacciné. Ce ne serait pas éthique.

Un préavis de grève a été déposé par le syndicat Sud-Santé, il doit débuter demain dans les hôpitaux marseillais et notamment dans votre établissement pour protester contre la vaccination obligatoire des soignants, est-ce que vous comprenez ce débat ?

Je crois qu'il y a une politisation de ce débat qui ne doit pas avoir lieu. Pour moi il n'y a aucune alternative à la vaccination obligatoire des soignants, il faut protéger les patients, se protéger soi-même, ses collègues. Mais cela révèle surtout le fait que les hôpitaux sont en souffrance depuis bien avant la crise du Covid-19. Il devrait y avoir un plan Marshall pour les hôpitaux. Le personnel qui y travaille est extrêmement dévoué et pas remercié à la hauteur de ce qu'il devrait être.

À ce jour, quelle est la situation dans votre établissement, la 4e vague est-elle visible ?

Il y a une tension qui grandit. Pour l'instant, en réanimation, nous ne sommes pas impactés, nous comptons 10 nouveaux cas sur les 10 derniers jours dans l'hôpital dans lequel je travaille, le double à l'APHM (l'Assistance publique - Hôpitaux de Marseille) à Marseille mais le nombre de cas augmente rapidement dans les Bouches-du-Rhône. La plupart des personnes qui arrivent à l'hôpital sont des habitants de la région, d'environ 50 ans pour les plus vieux, 30 ans pour les plus jeunes. La moyenne est un peu plus jeune que les vagues précédentes. Il y a en effet quelques personnes qui souffrent de comorbidités, de surpoids, mais ce n'est pas au premier plan. Ce sont surtout des patients comme vous et moi mais qui n'ont pas été vaccinés.

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