Crise des urgences : "On va tous jouer le jeu, on n'a pas le choix", assurent des médecins généralistes appelés en renfort

Elisabeth Borne veut mobiliser les médecins généralistes pour pallier les déficiences des urgences cet été. Ils pourront recevoir des patients adressés par le 15, moyennant une prime de 15 euros par patient.

Article rédigé par
Arthur Fradin - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
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Une feuille de soins et un stéthoscope. Image d'illustration. (PATRICK LEFEVRE / MAXPPP)

Face à la crise traversée par les services d'urgence de l'hôpital public, la première ministre Elisabeth Borne a repris à son compte les propositions nées de la mission flash pour les urgences. Si celles-ci concernent principalement l'hôpital, avec une revalorisation du travail de nuit et une augmentation des revenus des gardes pour les médecins, la Première ministre veut aussi "mobiliser tous les professionnels de santé".

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Ainsi, les kinés et les pharmaciens vont pouvoir renouveler des ordonnances dès cet été. Les médecins généralistes, eux, pourront recevoir des patients qui, en temps normal, se dirigent vers les services d'urgence. Pour cette aide au désengorgement de l'hopital, les généralistes, en plus du tarif de la consultation, percevront "une majoration de 15 euros des consultations en accueillant quelqu'un qui ne fait pas partie de leur patientèle", pour les "inciter à prendre des personnes en soins non programmés", a indiqué Elisabeth Borne lors d'un déplacement au centre hospitalier de Pontoise, vendredi 1er juillet. 

Une somme qui convient à Luc Duquesnel, médecin généraliste en Mayenne : "C'est incitatif. En tout cas, c'est de nature à inciter les médecins à répondre positivement quand le centre 15 va les appeler. On va tous jouer le jeu aujourd'hui, on n'a pas le choix."

"Le but des médecins généralistes, c'est qu'il n'y ait pas de perte de chance dans la prise en charge de leurs problèmes de santé cet été."

Luc Duquesnel, médecin généraliste

à franceinfo

Il faut que ce soit "régulé"

Malgré cette bonne volonté affichée, il n'oublie pas de rappeler que les consultations ne pourront pas se faire en cinq minutes : qui dit nouveau patient dit questions sur les traitements, sur les antécédents... L'été s'annonce donc chargé, mais ça ne fait pas peur à Agnès Gianotti, la présidente du syndicat de médecins MG France. "Si l'effort est réparti sur un grand nombre de médecins, c'est tout à fait soutenable, détaille-t-elle, avant de prévenir : "À condition que ce soit régulé, et que tout le monde n'arrive pas n'importe comment. Là, ça ne serait plus possible si ça devenait du consumérisme."

"On calcule que si tous les médecins généralistes s'impliquaient, ça ferait une consultation supplémentaire par jour."

Agnès Gianotti, présidente du syndicat MG France

à franceinfo

Enfin, dernière mesure : les médecins retraités vont aussi être sollicités. Les démarches vont être simplifiées pour qu'ils puissent reprendre du service s'ils le souhaitent.

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