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Hollande opéré de la prostate, comme 65 000 Français chaque année

L'Elysée a confirmé que François Hollande avait subi une opération pour une hypertrophie de la prostate en 2011. Une intervention bénigne. Explications.

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François Hollande, lors d'un discours le 3 décembre 2013, à Paris. (MICHEL EULER / AFP)

François Hollande se voyait en président normal, selon ses dires lors de la campagne présidentielle de 2012. Comme de nombreux Français, il a rencontré un problème de prostate en 2011. Le chef de l'Etat a été contraint de passer par la case chirurgie, quelques mois avant la primaire socialiste.

L'Elysée, qui a confirmé cette information révélée par France Info, en évoquant une "hypertrophie bénigne de la prostate" et en précisant qu'aucun suivi médical n'avait été "jugé nécessaire". Francetv info revient sur ce qu'est exactement l'hypertrophie de la prostate.

De quoi s'agit-il ?

La prostate est une glande située sous la vessie et qui intervient dans la production de liquide séminal, un composant essentiel du sperme, pour aider à la mobilité des spermatozoïdes. Sans prostate, un homme est donc infertile. L'hypertrophie de cette glande, appelée aussi adénome, correspond à un gonflement qui peut entraîner des troubles urinaires (envie fréquente, jet faible ou intermittent, gouttes retardataires, irritations...), comme le détaille l'Association française d'urologie.

Quand les hommes disent "avoir la prostate", il s'agit généralement d'hypertrophie prostatique, comme le rappelle ce site spécialisé. Il ne faut pas confondre l'hypertrophie avec la prostatite (inflammation) ou avec le cancer de la prostate, qui reste le troisième cancer le plus mortel pour les hommes en France selon un rapport de la Haute autorité de santé en 2012. 

Comment se soigne l'hypertrophie ?

Une fois le diagnostic effectué, souvent par les patients eux-mêmes qui constatent qu'ils ont des difficultés à uriner, un traitement médical est souvent prescrit en premier recours. Il existe également d'autres méthodes de soins comme la thermothérapie ou l'utilisation de micro-ondes.

Quand cela ne suffit pas, une intervention chirurgicale devient nécessaire. Elle consiste en "un rabotage de la prostate en passant par les voies naturelles", autrement dit l'urètre, comme l'explique à l'AFP le professeur Aurélien Descazeaud, de l'Association française d'urologie (AFU). Sous anesthésie générale, "l'intervention proprement dite dure environ 30 minutes et nécessite généralement deux à quatre jours d'hospitalisation", ajoute le spécialiste. 

Pourquoi est-ce banal et fréquent ?

"Le nombre de Français hommes qui sont confrontés à des problèmes de prostate à partir de la cinquantaine, c'est assez banal", a tenu à préciser Jean-Marc Ayrault sur RTL. Le Premier ministre n'a pas tort : un homme de 50 ans aurait environ 15% de chance de subir ce type d'intervention et environ 65 000 opérations seraient pratiquées chaque année en France, affirme ce site spécialisé.

La taille de la prostate augmente naturellement avec l'âge pour un homme. "L'hypertrophie bénigne de la prostate (...) est une maladie bénigne et très fréquente chez l'homme", confirme Aurélien Descazeaud. Le spécialiste précise qu'elle "touche un homme sur trois après 50 ans", et que "sa fréquence augmente avec l'âge".

Quelles sont les conséquences pour la santé ?

"Dans la très grande majorité des cas, il n'y a pas de séquelles. La complication la plus fréquente est l'infection urinaire qui peut conduire l'urologue à prescrire un traitement antibiotique", informe Aurélien Descazeaud. Le spécialiste insiste surtout sur le fait que cette maladie n'a rien à voir avec le cancer de la prostate : "Ce n'est pas parce qu'on a été opéré d'une hypertrophie bénigne de la prostate qu'on a plus de chances de faire un cancer de la prostate."

En revanche, l'opération pour hypertrophie est souvent l'occasion de faire un diagnostic sur une éventuelle tumeur. François Hollande a donc eu l'occasion d'être fixé sur ce point. D'autant qu'il s'est fait soigner à l'hôpital Cochin à Paris, un établissement réputé dans le traitement de l'adénome de la prostate. Il est classé en troisième position pour ce type d'opération, selon un classement du Point réalisé en 2013.

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