Les accompagnants d'élèves en situation de handicap en grève : "C'est un superbe métier mais on est mal considérés"

Ils réclament des hausses de salaire et un vrai statut de fonctionnaire.

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Les AESH avait déjà manifesté en avril 2021 pour une meilleure reconnaissance de leur métier, comme ici à Avignon (Vaucluse). (ISABELLE GAUDIN / FRANCE-BLEU VAUCLUSE)

Les accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH), chargés d'assister en classe les enfants handicapés, sont en grève ce mardi 19 octobre, à l'appel de l'intersyndicale. Ils dénoncent la précarité de leurs conditions de travail et réclament des hausses de salaire et un vrai statut de fonctionnaire.

Dans l'école élémentaire Victor Hugo de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), Chaker Brahmi s'asseoit une quinzaine d'heures par semaine, auprès d'un petit garçon autiste, en classe de CM2. Ce garçon s'exprime de mieux en mieux, ce qui fait la fierté de son AESH.

"Six ans de suivi, et il parle maintenant. L'autre jour, il a parlé, j'en avais les larmes aux yeux".

Chaker Brahmi, AESH d'un garçon de CM2

à franceinfo

En tant qu'AESH, son rôle est de le rassurer et de reformuler pour lui les consignes de l'enseignant. Et petit à petit, il lui laisse trouver ses propres marques. "Par moments, il me dit 'tu sors de la classe', poursuit Chaker. Alors je sors de la classe, je reste dans le couloir. C'est un plaisir car il envie de travailler seul ! Pour moi, c'est un exploit".

Le temps partiel est imposé aux AESH

Mais pour de telles victoires, il faut des moyens. "C'est un superbe métier, mais on est mal considérés", déplore la collègue de Chaker, Amel El Mohri. Elle regrette le temps partiel imposé aux AESH, qui doivent parfois "se partager" un élève. Elle considère qu'un enfant autiste"a besoin de rituels".

"Si on est deux ou trois AESH sur le même enfant, que chacun a une méthode différente de fonctionner, l'enfant est perdu, il se trompe même dans les prénoms", explique-t-elle. Amel cumule deux contrats, sans pour autant atteindre le SMIC. Les AESH sont payés en moyenne 800 euros net, ce qui ne "permet pas de vivre dignement", explique-t-elle. Lassée de ce manque de considération, elle abandonnera le métier à la fin de l'année.

AESH : le reportage d'Agathe Mahuet dans une école de Saint-Ouen
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