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Gastro-entérite : "Le vaccin est efficace, mais il faut expliquer aux parents comment détecter les effets indésirables"

Le "Canard enchaîné" révèle, mercredi, que deux nourrissons sont morts, en 2012 et 2014, après avoir été vaccinés contre cette maladie. Mais pour le pédiatre François Vié le Sage, il ne faut pas pour autant remettre en cause la vaccination.

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Propos recueillis par - Valentin Graff
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Un bébé de 5 mois reçoit un vaccin. (ADAM GAULT / AGU)

Le Canard enchaîné révèle, mercredi 1er avril, que l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a diffusé une lettre auprès des professionnels de santé pour qu'ils soient vigilants lorsqu'ils prescrivent l'un de ces deux vaccins contre la gastro-entérite : le Rotarix (laboratoires GlaxoSmithKline) et le RotaTeq (Sanofi Pasteur MSD). Deux nourrissons sont, en effet, morts en 2012 et 2014, après avoir été vaccinés, à la suite d'invaginations intestinales.

Mais pour François Vié le Sage, pédiatre et membre de l'Association française de pédiatrie ambulatoire (Afpa), ces vaccins représentent un progrès dans la lutte contre la gastro. Il faut seulement être vigilant après l'injection.

Francetv info : La vaccination contre la gastro-entérite a été recommandée début 2014 par le Haut conseil de la santé publique. Un an après, on apprend le décès de deux nourrissons. La procédure de recommandation a-t-elle été trop rapide ?

François Vié le Sage : Pas du tout, elle a été accomplie dans les normes. On peut même estimer que la procédure a été plutôt lente, comme c'est souvent le cas en France. Une soixantaine de pays avaient déjà recommandé ces vaccins, dont les Etats-Unis, l'Australie, le Mexique et beaucoup de pays d'Amérique du Sud, où le rotavirus, responsable de la gastro-entérite, fait des ravages chez les nourrissons. Nous aussi, à l'Afpa, nous avions déjà recommandé ces vaccinations. 

Tous les ans, en France, les nourrissons touchés par la gastro entraînent 155 000 consultations, 14 000 hospitalisations et la maladie provoque entre 7 et 17 décès. C'est un vrai problème de santé publique. Ces deux vaccins sont efficaces.

Mais vous comprenez que ces deux décès interpellent... Ces vaccins sont-ils dangereux ?

Les vaccins présentent un risque réel d'invagination intestinale [une pathologie du petit enfant qui correspond à la pénétration d'une partie de l'intestin dans une autre partie de l'intestin et qui a provoqué la mort de deux nourrissons, selon Le Canard enchaîné]. Mais c'est une maladie qui existe par ailleurs. Elle provoque chaque année le décès de 25 à 30 nouveau-nés sur 100 000 enfants. Le vaccin, lui, aggrave le risque de 1 à 6 cas supplémentaires et peut déclencher la maladie plus tôt, autour de 2 à 3 mois contre 6 ou 7 mois habituellement.

Mais entre le risque de quelques invaginations, qui peuvent être bénignes si on s'en occupe assez vite, et le nombre d'hospitalisations, voire de décès, par diarrhée qu'on peut éviter, la balance coûts-bénéfices est largement favorable au vaccin. A condition d'expliquer aux parents comment détecter les effets indésirables, comme les invaginations intestinales.

Comment détecter le problème à temps ?

Quand elle est déclenchée par le vaccin, l'invagination survient dans les sept jours après la première injection. Après quinze jours, on peut être tranquille.

Les signes cliniques, c'est un enfant qui va bien et qui, brutalement, se met à crier anormalement, qui se tord dans tous les sens, très pâle, qui vomit, qui refuse toute alimentation. Ce n'est pas une constipation ou la colique du nourrisson. Et ce n'est pas lié au vaccin, c'est la maladie en soi.

Dans ces cas-là, il faut consulter très vite. La plupart du temps, ça régresse tout seul. Et quand ce n'est pas le cas, on effectue simplement un lavement qui va réduire l'invagination. Cela règle le problème dans 90% des cas. En revanche, si on laisse la maladie évoluer, il faut intervenir chirurgicalement, car elle peut devenir mortelle.

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