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Faut-il avoir peur de la méningite à méningocoques ?

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France Télévisions
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Une forte fièvre fait partie des symptômes qui doivent alerter en cas de de méningite à méningocoque.  (ED LALLO / GETTY IMAGES )

Un quatrième cas mortel de méningite a été confirmé à Nice. Francetv info fait le point sur cette pathologie rare mais grave.

L'Agence régionale de santé de Provence-Alpes-Côte d'Azur a confirmé mardi 11 mars la mort d'un adolescent de 16 ans originaire de Fréjus et atteint de méningite, suivant des informations de Nice Matin. Le type de méningite n'a pas été précisé mais il pourrait s'agir du cinquième cas mortel de méningite à méningocoques en France en quelques semaines, après la mort d'une étudiante à Thionville (Moselle). Trois jeunes hommes ont également succombé à cette maladie le week-end du 22 et 23 février à Nice (Alpes-Maritimes).

Quelles sont les caractéristiques de cette maladie ? Faut-il craindre une recrudescence de cas en France ? Francetv info répond aux questions que vous pouvez vous poser sur cette pathologie. 

La méningite à méningocoques, c'est quoi ?

La méningite à méningocoques est bactérienne et non virale. C'est l'une des formes les plus graves de cette maladie. Le méningocoque est un germe présent dans l'arrière-gorge d'environ 10% de la population, sans poser de problème. Il arrive qu'il passe dans le sang et vienne provoquer une inflammation des méninges, ces fines membranes qui enveloppent le cerveau et la moelle épinière. Peuvent s'ensuivre des complications graves, voire mortelles.

Il existe plusieurs types de méningites à méningocoques, classés en "sérogroupes", A, B, C, Y ou encore W135. En France, ce sont les sérogroupes B (73%) puis C (16%) qui représentent le plus de cas. 

Comme le rappelle le chroniqueur santé de France 2, Jean-Daniel Flaysakier, sur son blog, la méningite à ménigocoques reste rare en France, avec moins de 600 cas par an. Elle survient plutôt en hiver et au printemps, chez des sujets jeunes âgés de moins de 25 ans et souvent lors de périodes de grande fatigue. L'incidence de cette pathologie ne cesse de diminuer grâce à la vaccination, précise le journaliste.

Quels sont les symptômes ?

Ils sont détaillés sur un site d'information dédié aux infections à méningocoque, Info-méningocoque.fr. Doivent alerter une forte fièvre, de violents maux de tête, une gêne à la lumière, une très mauvaise mine, des vomissements en jets, des courbatures, une raideur de la nuque. Le nourrisson atteint d'une méningite à méningocoques peut être à l'inverse tout mou.

Comme le détaillait Jean-Daniel Flaysakier sur le plateau du 13 heures de France 2, peuvent apparaître également un petit bouquet de boutons de type herpès autour de la bouche et du menton et des taches rouges ou violacées sur tout le corps. C'est le signe que la bactérie s'est répandue dans l'ensemble de l'organisme, provoquant une septicémie et attaquant les plaquettes sanguines. Cette complication grave, souvent mortelle, le "purpura fulminans", survient dans 10% des cas de méningite à méningocoques.

 Que faire en cas de doute ?

Selon l'Organisation mondiale de la santéla méningite à méningocoques peut causer de graves lésions cérébrales et se révèle mortelle dans 50% des cas si elle n'est pas traitée à temps. A l'inverse, avec un traitement adapté pris rapidement, l’évolution est favorable dans cinq cas sur six, indique le site Info-méningocoque. 

Si certains des symptômes cités ci-dessus apparaissent, il faut donc contacter d'urgence votre médecin traitant ou le 15. Si des taches violacées ou rouges surviennent, il est impératif d'aller directement aux urgences. Une hospitalisation est de toute façon nécessaire pour confirmer le diagnostic et mettre en route le traitement qui comporte toujours des antibiotiques. 

Les personnes susceptibles d'avoir été en contact rapproché avec le malade se voient également prescrire un traitement antibiotioque.

Faut-il craindre un début d'épidémie ? 

Malgré la série de cas récents, il n'y a a priori aucune raison de paniquer. Le méningocoque se transmet par l'intermédiaire des postillons et lors de contacts directs, proches, prolongés ou répétés. Mais il ne survit pas en dehors du corps humain, ni dans l'air ni sur les objets, d'où un "très faible risque de transmission" dans les lieux publics, rappelle l'Agence régionale de santé. En ce qui concerne l’entourage, "on estime le risque de contagion à moins de 2 %", souligne de son côté le journaliste de France 2.

Par ailleurs, plusieurs vaccins existent. Depuis 2010, le vaccin contre le méningocoque C est recommandé et remboursé à 65% pour tous les nourrissons à partir de 12 mois. La vaccination est également recommandée pour tous les enfants, adolescents et les jeunes adultes jusqu'à 24 ans pas encore vaccinés. Une seule dose est nécessaire.

Existe également un vaccin contre le méningocoque B, plus fréquent. Il se fait en trois injections et un rappel mais ne figure pas dans les recommandations officielles du Haut conseil de la santé publique. Comme le signale Jean-Daniel Flaysakier sur son blog, "les parents peuvent donc discuter avec leur médecin de famille de l’opportunité de vacciner leurs enfants contre une maladie rare mais qui peut avoir des séquelles sérieuses".

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