Alsace : l'Etat renonce à extraire les déchets dangereux toujours enfouis dans la décharge de Stocamine

Cette décision va à l'encontre d'un rapport parlementaire qui préconisait l'évacuation des déchets dangereux. 

Le centre d\'enfouissement Stocamine à Wittelsheim (Haut-Rhin), le 24 novembre 2014. 
Le centre d'enfouissement Stocamine à Wittelsheim (Haut-Rhin), le 24 novembre 2014.  (SEBASTIEN BOZON / AFP)
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Mauvaise nouvelle pour la nappe phréatique du bassin rhénan, l'une des plus grandes d'Europe. Les déchets industriels dangereux qui gisent à 600 mètres de profondeur, dans le centre de stockage de Stocamine à Wittelsheim (Haut-Rhin), vont finalement rester enfouis. "Compte tenu des enjeux, de la balance des risques" et du "surcoût" lié au déstockage, "la solution la plus adaptée demeure la poursuite du chantier de confinement des déchets restants, sans déstockage supplémentaire", indique un document du ministère de la Transition écologique que l'AFP a consulté lundi 21 janvier.

Stocamine est un site d'enfouissement fermé trois ans seulement après son ouverture, à la suite d'un incendie en 2002. Depuis, la polémique était incessante sur le devenir des déchets enfouis, du fait de la présence potentielle de déchets non autorisés et des risques potentiels de pollution de la nappe phréatique d'Alsace.

Une décision opposée aux conclusions d'un rapport parlementaire 

Cette décision prend le contre-pied d'un rapport parlementaire qui préconisait l'évacuation de plus de 40 000 tonnes de déchets dangereux non radioactifs. L'un des coauteurs du rapport, le député La République en marche (LREM) du Haut-Rhin, Bruno Fuchs, a condamné "sans réserve" cette décision prise sans aucune concertation, qui "va à l'encontre de l'esprit du grand débat national""Je désapprouve vivement cette décision brutale", a renchéri l'autre rédacteur du rapport, le député Les Républicains (LR) du Haut-Rhin Raphaël Schellenberger.

L'Etat a pris "la pire des décisions", a tempêté dans un communiqué Loïc Minery, porte-parole d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) Alsace, qualifiant le site de Wittelsheim, près de Mulhouse, de "poubelle toxique de l'Alsace".