Journée mondiale sans tabac : "On ne peut pas dire que la cigarette électronique permet d'arrêter de fumer", selon l'OMS

L'Organisation mondiale de la santé alerte sur les dangers du vapotage, souvent considéré comme sans danger. Les spécialistes estiment que la cigarette électronique ne permet pas non plus d'arrêter le tabac.

Un homme utilise sa cigarette électronique, le 31 mai 2019 à Paris.
Un homme utilise sa cigarette électronique, le 31 mai 2019 à Paris. (THOMAS PONTILLON / FRANCE-INFO)

La journée mondiale sans tabac, vendredi 31 mai, est souvent l'occasion pour les institutions de rappeler les dangers de la cigarette : 8 millions de personnes en meurent chaque année, dont 75 000 en France. Face à ces chiffres et à la difficulté d'arrêter de fumer, de plus en plus de Français optent pour la cigarette électronique, dans l'objectif d'arrêter le tabac à terme. C'est même l'outil d'aide au sevrage tabagique "le plus utilisé", selon Santé publique France. Mais d'après l'Organisation mondiale de la santé (OMS), c'est une très mauvaise idée. 

Beaucoup de vapoteurs fument tous les jours

En 2018, près de 35% des adultes de 18 à 75 ans avaient déjà utilisé la cigarette électronique, selon une étude de Santé publique France. Pourtant, un grand flou entoure encore le vapotage. Le produit, disponible depuis quelques années, ne convainc pas les experts de l'OMS : "On ne peut pas dire que la cigarette électronique permet aux gens d'arrêter de fumer. Rien ne l'affirme", prévient le docteur Vinayak Prasad, directeur du département des maladies non-transmissibles.

Le médecin assure même que c'est le contraire parce que beaucoup de vapoteurs fument en parallèle. Santé publique France estime que 40% des vapoteurs quotidiens fument également du tabac tous les jours. Surtout, le docteur Vinayak Prasad considère que les gens banalisent le vapotage. "La cigarette électronique est toxique mais moins que le tabac. Elle serait donc plus sûre... Ça revient à dire qu'au lieu de tomber du 7e étage, je vais tomber du 3e. Mais est-ce que je vais survivre pour autant à la chute ? Je ne sais pas", explique le médecin.

Les jeunes, très attirés par le vapotage

En fait d'aider au sevrage, la cigarette électronique habituerait surtout les jeunes au goût de la nicotine. "On a vu que les jeunes utilisent beaucoup la cigarette électronique dans les pays qui y ont été les plus ouverts. Ils sont même deux fois plus nombreux à vapoter qu'à fumer", souligne le docteur Vinayak Prasad. Selon lui, ce sont les enfants, public le plus fragile, qui sont touchés. L'OMS recommande donc de tenir les mineurs éloignés de ces produits. En Suisse, où plusieurs cigarettiers ont établi leur siège, aucune loi n'interdit la vente de cigarettes électronique aux mineurs.