L'état de santé des habitants de Fos-sur-Mer est "fragilisé" dans la zone industrielle

L'ARS PACA a livré les conclusions d'une étude de l'agence Santé Publique France, organisme chargé en mars de se prononcer sur la fiabilitié d'une étude antérieure sur la santé des habitants et qui avait été jugée polémique. 

Des jeunes prennent le soleil, le 21 juin 2017, à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône).
Des jeunes prennent le soleil, le 21 juin 2017, à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône). (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Les habitants de la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) connaissent "un état de santé fragilisé, dans une zone fragilisée par la pollution environnementale", a assuré Muriel Andrieu-Semmel, responsable du département Santé et Environnement de l'Agence régionale de santé (ARS) Paca, mardi 30 mars. A l'occasion d'une conférence de presse, l'ARS Paca a présenté les conclusions de l'agence gouvernementale Santé publique France, un organisme chargé en mars 2017 d'analyser les conclusions d'une étude indépendante autant alarmante que polémique : l'étude Fos-Epséal concernant la santé des habitants de Fos-sur-Mer et Port-Saint-Louis du Rhône.

"On n'a pas besoin de démontrer par une étude qu'une part de cet état de santé est liée à l'environnement pour adapter notre action, on en est convaincus", a ajouté la responsable de l'ARS.

L'étude alarmante de Fos-Epséal jugée fiable

Menée par une équipe franco-américaine, elle présentait des résultats alarmants. Elle avait par ailleurs été accueillie avec méfiance en raison de son approche inhabituelle en France, consistant à impliquer étroitement les riverains dans la réalisation même du questionnaire de santé. Mardi, Muriel Andrieu-Semmel a balayé cette critique : "On doit aussi faire participer les habitants, on ne peut plus se permettre de se réunir sur ces sujets sans un représentant de la population de la zone", a-t-elle argumenté. 

Cette étude avait conclu que les femmes interrogées dans la zone avaient trois fois plus de cancer que la moyenne nationale, ou encore que 63% de l'échantillon interrogé déclarait une maladie chronique, contre 36% en France. Les scientifiques de Santé publique France concluent pour leur part que, malgré certains "biais", notamment sur la sélection des 800 répondants, l'étude publiée dans la revue scientifique "Journal of public health" est fiable. Elle a eu "le mérite de mettre en évidence certains signaux comme la prévalence du diabète de type 1 qu'on n'atteint pas par une approche épidémiologique classique", a noté Santé publique France. 

"La participation des habitants au processus de recherche permet d'augmenter la rigueur de l'étude", a réagi dans un communiqué l'équipe Fos-Epséal mardi. Leurs résultats "vont dans la même direction" que ceux relevés par ailleurs par l'Observatoire régional de santé (ORS) qui a noté sur les deux communes une mortalité par cancer supérieure de 34% chez les hommes à la moyenne nationale de 2009 à 2013.