Cancer : les industriels de la viande digèrent mal les accusations de l'OMS

Dans les plus grands pays producteurs, les professionnels répondent à l'étude accusant viange rouge et charcuterie d'augmenter le risque de cancer.

Un homme travaille dans un abattoir, le 18 septembre 2015, à Saint-Gaudens (Haute-Garonne).
Un homme travaille dans un abattoir, le 18 septembre 2015, à Saint-Gaudens (Haute-Garonne). (REMY GABALDA / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Levée de boucliers générale chez les professionnels de la viande, de la France aux Etats-Unis en passant par le Brésil. Les industriels des grands pays producteurs ripostent à coups d'arguments, lundi 26 octobre, après la publication d'une étude internationale accusant viande rouge et charcuterie d'augmenter le risque de cancer.

En se basant sur plus de 800 études, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), l'agence cancer de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a classé la viande transformée dans la catégorie des agents "cancérogènes pour l'homme". Les viandes rouges ont été classées comme "probablement cancérogènes".

Des données "triturées" ?

Aux Etats-Unis, premier producteur mondial de viande bovine, les professionnels du secteur fourbissaient leurs armes depuis des semaines, en proposant des analyses avant même la publication de l'étude du CIRC. "Il est clair" que de "nombreux" auteurs de l'évaluation "ont trituré les données pour obtenir un résultat bien précis", a réagi l'Institut nord-américain de la viande.

Les géants du secteur soulignent que la viande n'est que l'un des quelque 940 produits, des plus divers, classés probablement cancérogènes par l'agence spécialisée de l'OMS. "Si l'on s'en tenait juste à la liste (...) du CIRC, il serait clair que le simple fait de vivre sur Terre serait un risque de cancer", martèle l'association des industriels américains de la viande.

La FNSEA appelle à "un équilibre nutritionnel"

En Europe comme aux Etats-Unis, on juge "inapproprié" d'attribuer à un facteur unique un risque accru de cancer. "C'est un sujet très complexe qui peut dépendre d'une combinaison de bien d'autres facteurs comme l'âge, la génétique, le régime alimentaire, l'environnement et le style de vie", détaille le Centre de liaison des industries transformatrices de viande de l'UE.

Autre argument repris à l'unisson : l'intérêt nutritionnel de la viande. Au Brésil, second producteur mondial de bœuf, les industriels exportateurs insistent sur "les bénéfices nutritionnels pour la santé humaine qu'apporte la consommation de viande rouge et d'autres protéines". Même si "la consommation excessive de viande n'est certainement pas à promouvoir", il est possible de "se faire plaisir et d'avoir un équilibre nutritionnel" dans des repas combinant viande et légumes, fait écho Xavier Beulin, le président de la FNSEA, premier syndicat agricole français.

"Rien de nouveau"

En France, premier producteur européen de viande bovine, l'association interprofessionnelle Interbev et la fédération des charcutiers insistent sur le problème des quantités. Selon l'étude, le risque de cancer colorectal pourrait augmenter de 17% pour chaque portion de 100 grammes de viande consommée par jour, et de 18% pour chaque portion de 50 grammes de charcuterie. Or, la consommation moyenne en France est de 52,5 grammes/jour/habitant, et de 35 grammes pour la charcuterie.

"Il n'y a rien de nouveau. C'est la compilation d'un certain nombre d'études, sans porter assez d'attention aux quantités consommées", selon Robert Volut, le président de la Fédération française des industriels charcutiers-traiteurs.