Fruits et légumes bio : "Le prix est fixé sur la base du coût de production du producteur et pas sur des marchés de bourse", justifie le patron de Biocoop

Une étude de l'association de consommateurs CCLV révèle ce lundi que les fruits et légumes bio sont en moyenne 44% plus chers que leurs équivalents issus de l'agriculture conventionnelle.

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Une épicerie bio à Espelette (Pyrénées-Atlantiques). (XEXILI FOIX / FRANCE-BLEU PAYS BASQUE)

"On fixe des prix maximum pour les fruits et légumes, dans notre réseau, pour les rendre accessibles aux consommateurs", affirme sur franceinfo, lundi 14 décembre, Pierrick De Ronne, président de Biocoop après la publication d'une étude de la CLCV, association de défense des consommateurs, qui montre que les fruits et légumes bio coûtent 44% plus cher que leurs équivalents issus de l'agriculture conventionnelle. Chez Biocoop, "le prix est fixé sur la base du coût de production du producteur et pas sur des marchés de bourse, à Chicago ou ailleurs", s'est justifié Pierrick De Ronne.

franceinfo : Est-ce que les fruits et les légumes bio sont pour les plus aisés ?

Pierrick De Ronne : Non, pas forcément, mais ce qui est sûr, c'est que c'est plus cher et c'est logique que ce soit plus cher. On parle de rendements un peu moins importants et surtout de beaucoup plus de main-d'oeuvre, près de deux fois plus de personnes pour cultiver du bio. Et ensuite, ça va aussi plus loin, notamment dans les réseaux spécialisés. On travaille sur le 100% bio, le 100% de saison, on planifie avec les producteurs et on travaille sur de l'équitable et notamment dans la fixation du prix.

Le prix est fixé sur la base du coût de production du producteur et pas sur des marchés de bourse, à Chicago ou ailleurs.

Pierrick De Ronne

à franceinfo

On travaille beaucoup aussi sur la relocalisation, on travaille sur le juste prix et notamment sur la répartition de la valeur tout au long de la filière et donc, la protection du producteur. On fixe aussi des prix maximum pour les fruits et légumes, en tout cas, dans notre réseau, pour les rendre accessibles aussi aux consommateurs. Donc, on travaille vraiment sur la répartition de la valeur tout au long de la filière en protégeant les producteurs et en y mettant aussi de la relocalisation. Effectivement, nos tomates sont plus chères, mais elles sont pour la plupart produites en France et c'est important de travailler cette relocalisation-là.

Est-ce que vous pouvez baisser les prix ?

On est passés de 70% à 44% d'écart. On travaille beaucoup sur les logiques d'efficience et de croissance. Forcément, la croissance du marché va faire en sorte que les prix baissent et encore une fois, l'objectif, c'est de faire du prix, mais pas à n'importe quel prix. On est bien sur des logiques d'efficience, mais toujours en défendant la saisonnalité, l'équité. Encore une fois, j'insiste sur le producteur, qui est toujours la variable d'ajustement sur les questions de prix, dans l'agriculture et dans la filière et dans la distribution classique. On a des producteurs, des consommateurs et des salariés au sein de la gouvernance [de notre réseau], avec les magasins. Donc, on a toute une logique d'équité. Ils sont au conseil d'administration, donc on partage la stratégie et ça, c'est important déjà de tracer le chemin ensemble. Ensuite, on a de la transparence des consommateurs, on met en lumière différents détails de prix.

Est-ce que vous pouvez réduire votre marge ?

On peut toujours bien sûr et c'est ce qu'on fait sur des logiques d'efficience et sur les prix, sur les fameux prix justes, c'est-à-dire qu'on met en exergue plusieurs productions régulièrement afin que chaque acteur de la filière fasse un effort de marge pour rendre le produit accessible.

Il y a aussi une question politique derrière le prix et je ne pense pas que le distributeur soit le seul responsable ou même toute la filière, soit la seule responsable de l'accès à l'alimentation de qualité pour le plus grand nombre.

Pierrick De Ronne

à franceinfo

Il y a des travaux autour de sécurité sociale alimentaire qui doivent être menés politiquement, pas forcément par la classe politique, mais il y a de vrais sujets qui sont ouverts et qui pourraient rendre accessibles les prix. On a pu voir dans le passé comment la question du prix bas a mené à la casse dans la distribution conventionnelle.

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