Charcuterie : les députés contre une interdiction dès à présent des additifs nitrés

En commission, les députés se sont plutôt exprimés en faveur d'une "trajectoire de baisse" des doses maximales d'additifs nitrés dans la charcuterie.

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Les députés siègent à l'Assemblée nationale, à Paris le 25 janvier 2022. (XOSE BOUZAS / HANS LUCAS / AFP)

"La guerre du saucisson n'aura pas lieu." Les députés ont voté mercredi 26 janvier en commission en faveur d'une "trajectoire de baisse" des doses maximales d'additifs nitrés dans la charcuterie, mais sans aller dès à présent vers une interdiction de ces conservateurs controversés. La commission des Affaires économiques de l'Assemblée examinait en première lecture une proposition de loi de Richard Ramos (MoDem) visant une interdiction par étapes d'ici à 2025.

Le député du Loiret a défendu avec vigueur l'interdiction d'un "poison", qui irait de pair avec un accompagnement des producteurs. "La France doit montrer la voie en Europe", a lancé ce défenseur d'"une alimentation plus saine, plus sûre, accessible aux plus pauvres". A ses côtés, le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie a assuré ne pas vouloir "éluder" la question. Mais c'est "un sujet majeur que nous devons traiter avec méthode" : il souhaite pour cela attendre l'avis de l'agence sanitaire Anses, qui était prévu courant 2021 et a été reporté à la fin du premier semestre 2022. Le ministre a été suivi par la plupart des députés, qui ont voté une série d'amendements réécrivant la proposition de loi.

Des "cancérogènes probables" pour l'OMS

Historiquement, les charcutiers recourent aux composants nitrés pour allonger la durée de conservation des produits et prévenir le développement de bactéries pathogènes à l'origine notamment du botulisme, une affection neurologique grave largement oubliée du fait des progrès sanitaires de l'agroalimentaire moderne. En plus de donner sa couleur rose au jambon, naturellement gris, ils permettent aussi d'utiliser de la viande de moins bonne qualité, moins chère, tout en gagnant du temps dans les procédés de séchage, selon un rapport parlementaire de 2021, cosigné par Richard Ramos. En 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé la viande transformée, notamment la charcuterie, comme cancérogène (catégorie 1). Elle favoriserait, entre autres, les cancers colorectaux. Les nitrites ingérés sont quant à eux considérés comme des cancérogènes probables (catégorie 2A).

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