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Vous en parlerez aujourd'hui. Maxime "Fly Rider" Nicolle, les "gilets jaunes", les médias, les attentats : une interview au-delà du réel

Tous les jours de la semaine, Jean-Mathieu Pernin repère une info à partager, à la machine à café ou sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, l'interview du "gilet jaune" Maxime Nicolle diffusée mercredi par Konbini.

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Maxime Nicolle, au centre, lors d\'une manif des \"gilets jaunes\" à Marseille (Bouches-du-rhône), le 29 décembre 2018.
Maxime Nicolle, au centre, lors d'une manif des "gilets jaunes" à Marseille (Bouches-du-rhône), le 29 décembre 2018. (MAXPPP)

Dans une interview publiée mercredi 9 janvier sur le site Konbini News, le médiatique gilet jaune, Maxime Nicolle, alias, Fly Rider, parle de son projet politique et de sa tendance complotiste. Après ses doutes sur l'attentat de Strasbourg, il remet en cause celui de Nice survenu le 14 juillet 2016.

L'interview est réalisée par le journaliste Hugo Clément. Elle dure 8 minutes 40 secondes. Elle est rare parce qu'à part quelques entretiens donnés à des médias traditionnels, l’homme à la casquette à l’envers se méfie des journalistes. Il préfère discuter sur Facebook en faisant des vidéos où on se dit que c’est dommage que nos ordinateurs ne soient pas équipés de détecteurs incendies, tellement l’enfumage est puissant.

L’entretien commence par le projet politique des "gilets jaunes", enfin de certains des gilets jaunes puisqu’il n’y a pas d’organigramme officiel. Selon Maxime Nicolle, il faut qu’Emmanuel Macron démissionne. Et après ? lui demande Hugo Clément. Voici sa réponse : "On refait une élection de citoyens pour monter d'abord une assemblée et ensuite, s'il doit y avoir un porte-parole du gouvernement, donc la fonction entre guillemets du président, mais sans pouvoir, puisque c'est ça que les gens veulent, il pourrait y avoir l'élection d'un porte-parole gouvernemental."

"Aucune confiance en ce que je ne vois pas"

Donc le retour à la IVe République où, entre 1946 et 1958, il y a eu 16 présidents du Conseil –les chefs de gouvernement– avec un président qui servira à faire des blagues dans un futur OSS 117, comme René Coty.

Ensuite, c’est autre chose puisque nous rentrons dans le monde tendre et sans filtre du complotisme. Habitué de ce genre de propos, Maxime Nicolle réitère ses propos tenu sur Facebook le 12 décembre dernier où il remettait en cause l’attentat terroriste de Strasbourg. Il parle d’attentat mais pas de terrorisme, tout comme pour celui de Nice. Hugo Clément tique, lui parle des cinq morts et de la vidéo d’allégeance à Daech retrouvé dans l’ordinateur du terroriste de Strasbourg. Et ça, pour Maxime Nicolle c’est louche, il a même un argument imparable : "Si le fait de ne pas avoir de preuve, ça ne me donne pas confiance et que c'est cela être complotiste, dans ces cas-là, bien oui, je suis complotiste. Je n'ai aucune confiance en ce que je ne vois pas. Dans ce dossier, vous me dites qu'il y a une vidéo. Je vous demande : où est-elle ? Vous me dites que je ne peux pas la voir. Eh bien moi, je ne vous crois pas."

"Je ne vois pas, je ne crois pas". Remise en cause du travail de la police, de la justice et des médias, la trinité complotiste où il est plus simple d’inventer que d’accepter la complexité de la réalité. Habitué à ce genre de dérapages, franceinfo.fr avait fait en décembre une compilation de ces réflexes complotistes. D’ailleurs, quand on y pense, regarder "Secret d’Histoire" avec Maxime Nicolle ça doit être pénible. Il réclame toujours la vidéo d'Alésia ? "Si on m’apporte la preuve, OK, sinon on n’en sait rien". D’ailleurs, Maxime Nicolle existe-t-il ? Peut-être s’agit-il d’un ventriloque, mais juste une chose. Tout ça n’a-t-il pas commencé avec une demande de plus de justice sociale ? Parfois il est bon de revenir à la source.

Maxime Nicolle, au centre, lors d\'une manif des \"gilets jaunes\" à Marseille (Bouches-du-rhône), le 29 décembre 2018.
Maxime Nicolle, au centre, lors d'une manif des "gilets jaunes" à Marseille (Bouches-du-rhône), le 29 décembre 2018. (MAXPPP)