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Vous en parlerez aujourd'hui. L'Arabie saoudite nomme une femme ambassadrice à Washington : une première... pour un coup de com

Tous les jours, Jean-Mathieu Pernin repère une info à partager, à la machine à café ou sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, une femme nommée à Washington comme ambassadrice d'Arabie saoudite.

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La princesse Rima bint Bandar (au centre) à une compétition d\'échecs à Riyad (Arabie saoudite), le 28 décembre 2017.
La princesse Rima bint Bandar (au centre) à une compétition d'échecs à Riyad (Arabie saoudite), le 28 décembre 2017. (SALAH MALKAWI / GETTY IMAGES EUROPE)

Pour tenter de réchauffer les relations avec son allié historique (les Etats Unis), l'Arabie Saoudite fait appel à une femme. Après l'affaire Khashoggi et les désaccords sur la situation au Yémen, le royaume wahhabite tente d'apparaître comme moderne aux yeux des occidentaux et tente une vraie opération de communication. 

Elle s’appelle Reema bint Bandar bin Abdelaziz Al Saoud mais le plus souvent on l’appelle Rema Bint Bandar. Elle est princesse et depuis le samedi 23 février, elle permet à l’Arabie saoudite de conjuguer, pour la première fois, le terme ambassadeur au féminin. Elle n’occupe pas n’importe quel poste car elle représentera le royaume à Washington. Un symbole fort quand on connaît les relations entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite, et la situation des femmes dans le royaume. D’ailleurs ce week-end, Ryad n’a pas arrêté de communiquer son bonheur d’avoir nommé une ambassadrice :  "Hé vous avez vu ? C’est une femme, on en a trouvé une !",  "Je ne sais pas si vous connaissez mais c’est un peu différent d’un homme mais c’est hyper moderne…en 2019."  L’Arabie saoudite tente un coup de com avec Rema Bint Bandar pour se faire bien voir par son allié à la bannière étoilée.

La solution : une femme

Asphyxié par l’affaire du journaliste Jamal Khashoggi et par la décision américaine de retirer les troupes américaines de la région qui ne luttent pas contre Al Qaïda, il fallait faire quelque chose. Alors l’Arabie saoudite prend une initiative, comme souvent quand elle veut paraître moderne, avec une femme ou ayant rapport avec les femmes. C’est comme cela que le prince héritier Mohammed ben Salmane, aux commandes du pays, a séduit l’Occident. Il permet aux femmes de conduire mais ce sont les maris qui achètent la voiture, il développe le sport au féminin mais les femmes ne peuvent venir au stade qu’accompagnées de leurs maris, bref être une femme en Arabie saoudite, c’est être à la pointe de la modernité, une modernité…à l’ancienne.

La princesse Reema Bint Bandar à principalement vécu aux Etats-Unis où elle a développé un goût prononcé pour la défense des femmes, elle serait une avocate spécialisée dans le domaine et donc va devenir, aux États-Unis, la porte-parole d’un pays où une dizaine de militantes sont actuellement sous les verrous, où un système de tutelle masculine est étatisé, et alors qu’on vient également de découvrir qu’une application baptisée Absher permettait de contrôler le déplacement des femmes dans le pays. Mais une application, c’est moderne , ça demande de la technologie quand même. Cette nomination aura-t-elle l’effet escompté ? La fièvre retombera-t-elle entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite ? Il y a toujours un malaise entre les droits de l’Homme et les affaires, par contre entre le droit des femmes et les affaires, aucuns souci, on est moderne ou on ne l’est pas !

La princesse Rima bint Bandar (au centre) à une compétition d\'échecs à Riyad (Arabie saoudite), le 28 décembre 2017.
La princesse Rima bint Bandar (au centre) à une compétition d'échecs à Riyad (Arabie saoudite), le 28 décembre 2017. (SALAH MALKAWI / GETTY IMAGES EUROPE)