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François Bès, coordinateur de l'OIP : "La loi incarcère plus de monde"

La surpopulation carcérale est connue de tous mais ne s'arrange pas. Une situation qui ajouté au manque de préparation à la sortie engendrent de nombreuses violences. Le point avec François Bès, coordinateur Ile-de-France et outre-mer pour de l'Observatoire International des Prisons (OIP).

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En France, il y a 191 prisons qui contiennent 67.088 détenus
au 1er septembre 2013, pour 57.473 places. Mais lorsque l'on s'intéresse
aux mises sous écrou les chiffres grimpent rapidement. Qu'elles soient incarcérées,
en semi-liberté, placées à l'extérieur ou sous bracelet électronique, le nombre
de personnes sous écrou est d'environ 80.000 et devrait atteindre les 95 000 en
2017, selon le ministère.

"Depuis les années 90, on nous propose des construire
des prisons pour limiter la surpopulation mais le nombre de détenus augmente
puisque de nouvelles loi incarcèrent plus de monde,
" explique François
Bès, coordinateur île de France et outre mer pour de l'Observatoire
International des Prisons (OIP)
.

La loi Taubira

La loi Taubira a été présentée il y quelques semaines pour
éviter la prison en cas de peine légère. "Les peines de probation
permettraient aux personnes condamnées à des courtes peines de purger leurs
peines autrement, de manière plus efficace, avec un meilleur suivi des gens.
Mais le projet, tel qu'il a été présenté, n'est pas très satisfaisant car il revient
sur les possibilités d'aménager les peines de prisons pour les personnes
condamnées jusqu'à deux ans en réduisant de moitié.
"

"S'il n'y a pas d'accompagnement sociaux (éducation,
formation, accès au travail) la personne ne sort pas de la délinquance où elle
est inscrite.
"

La perte des droits

En raison, de l'engorgement des prisons, la majorité des prisonniers passe la majeur partie de leur temps en cellule et dans l'inactivité et ne bénéficie pas de formation ou de travail.

"Le seul droit dont les personnes sont privées sur le papier c'est celui d'aller et venir. Santé, droit familial... dans la réalité, l'accès aux droits fondamentaux est inexistant ou très limité. L'Etat a été condamné pour non respect de ces droits, " rappelle François
Bès.

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