Tonga : après le tsunami et l'éruption volcanique, les îles Tonga toujours coupées du monde

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Les informations arrivent au compte-gouttes depuis cet archipel du Pacifique, inaccessible après une éruption volcanique, que ce soit par avion, par téléphone ou par Internet. Le permier bilan fait état de nombreuses destructions.

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Radio France
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Une photo, publiée le 18 janvier 2022 par les forces de défense néo-zélandaises, montre une île des Tonga recouverte de cendres après l'éruption du volcan Hunga Tonga-Hunga Ha'apai. (NEW ZEALAND DEFENCE FORCE / AFP)

Après la puissante éruption volcanique aux îles Tonga, les premières images qui nous parviennent via des photos satellite ou prises par avion, sont impressionnantes. La cendre liée à l’éruption couvre une grande partie de cet archipel de 170 îles, situé au cœur du Pacifique à l’est de la Nouvelle-Calédonie et au sud de Wallis-et-Futuna. Des îles situées vraiment à l’autre bout du monde par rapport à la France métropolitaine : 12 heures de décalage horaire.

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Les autorités de ce pays de 100 000 habitants, connu pour ses joueurs de rugby, ont enfin réussi, mardi 18 janvier, à faire parvenir quelques nouvelles. L’archipel est dévasté et les dégâts sont considérables. Le bilan humain reste pour l’instant relativement peu élevé avec trois morts. Les habitants, pour la plupart, ont réussi à fuir les zones côtières avant l’arrivée du tsunami. Mais ce bilan est provisoire. La capitale, Nuku’alofa (ce qui veut dire "la patrie de l’amour") est recouverte de cendres et de poussières volcaniques. 

Sur l’île principale, de nombreux débris ont été projetés à l’intérieur des terres. Plusieurs résidences balnéaires ont été détruites. Mais l’inquiétude concerne surtout les petites îles les plus isolées, et les plus proches du volcan sous-marin dont l’éruption a provoqué le tsunami : les ilots de Mango, Fonoi, Atata, Nomuka. Chacun d’entre eux ne compte que quelques dizaines ou centaines d’habitants. Mais il n’y a aucune nouvelle de la situation sur place.  

Ni Internet ni piste d'atterrissage

Le pays reste donc inaccessible, à tous les sens du terme. Le réseau téléphonique local a pu être rétabli, et il y a désormais quelques heures d’électricité par jour sur l’île principale, mais c’est tout. Aucune communication internationale n’est possible, pas de téléphonie, pas d’Internet. Le câble sous-marin indispensable à ces connexions, a été détruit. Il faudra plusieurs semaines pour le réparer ou en installer un autre, à partir de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, située à plus de 4 000 km au nord-ouest.

Il n’est pas davantage possible de se poser en avion sur l’archipel. La seule piste d’atterrissage demeure impraticable car couverte de cendres et de résidus. Il va donc falloir attendre l’arrivée de secours par bateaux, d’ici deux à trois jours, bateaux en provenance d’Australie et surtout de Nouvelle-Zélande, au sud, le principal partenaire économique des Tonga.

Les ONG expriment déjà deux inquiétudes. La première concerne l’accès à l’eau potable. La probabilité d’une pollution de l’eau courante par les résidus volcaniques est en effet très élevé.  La seconde, c’est le risque, avec l’arrivée à terme des secours, de voir la pandémie de Covid-19 se propager sur l’archipel. Les Tonga, en effet, ont totalement échappé au coronavirus depuis deux ans : un seul et unique cas, le résultat d’une politique de contrôle extrêmement strict à l’entrée sur le territoire.  

Un risque élevé de réplique

Et puis le risque est élevé de voir ce volcan très particulier entrer à nouveau en éruption dans les prochains jours. Le Hunga-Tonga-Hunga-Ha'apai est un volcan sous-marin qui émerge à peine de l’eau. Le contact entre l’eau de mer salée et le magma de l’éruption accentue la surchauffe et l’ampleur des explosions. La secousse de samedi a été repérée à des milliers de kilomètres, tout autour du Pacifique, du Japon à l’Amérique du Sud. Et le champignon qui s’est dégagé lors de l’explosion était très visible de l’espace.  

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