Nigeria : l'attaque d'une église ravive la crainte de violences entre musulmans et chrétiens

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L'attaque par des hommes armés dimanche d'une église catholique durant la messe a fait au moins 21 morts et une quarantaine de blessés. Ce drame relance les craintes d'une flambée de violences, dans ce pays coupé en deux entre les musulmans au nord et les chrétiens au sud.

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Radio France
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Des nigérians se réunissent devant l'église attaquée ce dimanche 5 juin 2022 par un groupe d'hommes armés, dans la ville de Owo, au sud ouest du pays.  (ADEWALE / XINHUA)

Au moins vingt-et-un morts, dont des enfants. C'est le bilan provisoire après l'attaque menée, dimanche 5 juin, contre une église catholique dans le sud-ouest du pays. Les assaillants ont fait exploser de la dynamite dans l'église et ouvert le feu depuis l'extérieur du bâtiment à travers les fenêtres. Ces dernières heures, des restes humains et des flaques de sang jonchaient encore le sol de l'édifice religieux, témoignant de la violence du massacre perpétré par au moins cinq hommes qui se sont enfuis, sans qu'aucun groupe armé ne revendique pour l'instant l'attaque. 

Muhammadu Buhari, le président nigérian, évoque des meurtres odieux. À Rome, le Vatican indique seulement que le pape François prie pour les victimes. Cette attaque ciblait des fidèles catholiques réunis pour la Pentecôte. Elle fait suite à une longue série de crimes visant les chrétiens du Nigeria, dans un pays partagé entre deux religions, où la pratique de l'islam progresse depuis des années. Cette ligne de fracture correspond souvent à des rivalités ethniques. Aujourd'hui, environ un tiers des trente-six états du Nigeria appliquent officiellement la charia, parallèlement au droit commun.

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Des foules de musulmans s'en prennent régulièrement à des chrétiens. Le mois dernier, une étudiante chrétienne de la ville de Sokoto a été suppliciée par de jeunes musulmans de l'université locale qui l'ont lapidée à mort, après l'avoir accusée de blasphème.

Une spirale de violence inarrêtable

Les tueurs ont agi au moment où le parti au pouvoir, le All Progessive Congress, s'apprête à lancer des primaires en vue de la présidentielle de 2023. Le chef de l'État qui achèvera son deuxième mandant dans neuf mois, n'a pas réussi à venir à bout de la violence dans le pays. À mettre fin aux tueries, aux enlèvements et aux viols liés à des motifs interreligieux, interethniques ou mafieux. Les motivations des bandes criminelles étant parfois étroitement mêlées

La région de Ondo où l'église a été attaquée dimanche est généralement préservée. L'essentiel des affrontements a lieu dans le reste du pays. Dans le nord-est du Nigeria, le groupe islamiste Boko Haram fait régner la terreur tandis que les autres régions du pays sont soumises aux gangs ou aux mouvements séparatistes. Un chaos qui s'aggrave dans le pays le plus peuplé d'Afrique et dont la population pourrait doubler d'ici 2050 pour atteindre 440 millions.

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