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La Corée du Nord à nouveau touchée par la famine

Tous les jours, dans "Un monde d’avance", un coup de projecteur sur une actualité à l’étranger restée sous les radars. Aujourd’hui, direction la Corée du Nord où 40% de la population souffrent de malnutrition.

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Des personnes en train de planter du riz dans un champ, à la périphérie de Kaesong, en Corée du Nord, le 2 juin 2017.
Des personnes en train de planter du riz dans un champ, à la périphérie de Kaesong, en Corée du Nord, le 2 juin 2017. (ED JONES / AFP)

Le rapport de l’ONU (publié le 3 mai) est saisissant : dix millions de Nord-Coréens, soit 40% de la population, souffrent de malnutrition. C’est énorme. Les experts du Programme alimentaire mondial (PAM) se sont rendus sur place en avril, dans ce pays, qui rappelons-le, est l’un des plus fermés au monde et le dernier, sans doute, à se revendiquer explicitement du communisme. Les rations alimentaires distribuées par le pouvoir ont été diminuées d’un quart : 300 grammes par personne et par jour, contre près de 400 grammes il y a un an. Cela veut dire que bon nombre de Nord-Coréens ne mangent plus de protéines : ils se contentent de riz, de chou, et de kimchi, ce plat national constitué de piments et de légumes fermentés.

L’explication est simple : les récoltes ont été catastrophiques lors des 12 derniers mois : les pires depuis dix ans. Les principales ressources agricoles (le riz, les pommes de terre et les fruits) ont toutes vu leur production diminuer à cause d’un mélange d’événements climatiques : sécheresse en été, froid sec en hiver et déficit général de pluviométrie. Selon l’ONU, la situation devrait encore se dégrader pendant les mois d’été qui arrivent. Les jeunes enfants et les femmes enceintes sont particulièrement menacés par cette famine.  

Une aide internationale très insuffisante

Ce n’est pas la première fois que cela se produit en Corée du Nord : dans les années 90, la famine (déjà) avait fait des centaines de milliers, voire des millions, de morts dans le pays. La situation est encore plus compliquée aujourd’hui car la Corée du Nord est sous sanctions internationales en raison de son programme nucléaire. Par exemple elle ne peut pas exporter son charbon et ne peut quasiment pas importer de pétrole. Il faut donc des dérogations humanitaires pour contourner ce régime de sanctions. Les programmes de l’ONU aident déjà 700 000 femmes et enfants et 500 000 agriculteurs en distribuant des aliments protéinés et du matériel agricole (fertilisants, pompes à eau). Mais cela est très insuffisant : ces programmes permettent de fournir 200 000 tonnes de céréales à la Corée du Nord mais il en faudrait sept fois plus pour pallier les manques. Si rien n’est fait rapidement, la famine pourrait donc tuer à brève échéance. Après ce rapport très alarmant, il est probable qu’un allègement des sanctions soit demandé par les alliés de la Corée du Nord, la Chine et la Russie.  

Les missiles avant la nourriture

Et pendant ce temps, le leader nord-coréen, Kim Jong-un ne fait pas grand-chose. Ce n’est pas vraiment son sujet. Après le récent échec de la nouvelle réunion de négociations avec Donald Trump, l’agence officielle nord-coréenne a même eu cette formule : "Nous ne céderons pas, quitte à ne plus nous nourrir que d’air et d’eau ! " Tout est dit. Et donc, ce week-end des 4 et 5 mai, après la publication de ce rapport de l'ONU, que faisait Kim ? Il a assisté à deux nouvelles séances de tirs de missiles courte portée. Une façon très claire d’exprimer son refus de renoncer à son programme nucléaire. Et il cherche des soutiens ailleurs : il a rencontré le Russe Vladimir Poutine il y a deux semaines, et devrait accueillir le Chinois Xi Jinping prochainement. Famine ou pas.  

Des personnes en train de planter du riz dans un champ, à la périphérie de Kaesong, en Corée du Nord, le 2 juin 2017.
Des personnes en train de planter du riz dans un champ, à la périphérie de Kaesong, en Corée du Nord, le 2 juin 2017. (ED JONES / AFP)