Cambodge : l’Onu demande la libération immédiate de Lady Liberty, avocate des droits de l’Homme

Theary Seng, de son vraie nom, a été condamnée récemment à six ans de prison pour avoir tenté de faire revenir au Cambodge un opposant historique.
Article rédigé par France Info, Dominique André
Radio France
Publié Mis à jour
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L'avocate Theary Chan Seng (centre) arrive au tribunal de Phnom Penh, au Cambodge, le 26 novembre 2020. (KITH SEREY / EPA)

Deux commentaires critiques contre le Premier ministre Cambodgien, l’ancien khmer rouge, Hun Sen, lui ont valu de se retrouver derrière les barreaux. Lady Liberté, la célèbre avocate de défense des droits humains a été condamnée, en juin, à six ans de prison avec des dizaines d’opposants, quelques semaines avant les élections législatives. L’Onu affirme qu’elle a été punie par l’autocratique dirigeant cambodgien qui s’assure d’une victoire écrasante le 23 juillet prochain 

Un procès controversé

Celle que l’on surnomme Lady Liberty s’appelle Theary Seng, avocate de 51 ans, americano-cambodgienne. Accusée de trahison, cette activiste courageuse a osé s’en prendre à Hun Sen, Premier ministre au pouvoir depuis 38 ans, qui sans état d’âme l’a jetée en prison après un procès controversé. Les tribunaux sont sous l’influence du Premier ministre qui dirige le pays d’une main de fer.

Theary Seng a été condamnée à six ans de prison avec 60 autres membres du parti de Sam Rainsy, opposant historique cambodgien qui vit en exil en France. Elle a été condamnée pour avoir tenté de le faire revenir au Cambodge. Ce qu’elle a nié. Lady liberty, a fui son pays quand elle était enfant, ses parents ont été tués par les khmers rouges, elle a grandi aux États-Unis. Elle est retournée vivre à Phnom Penh, la capitale du Cambodge, il y a une dizaine d’années pour fonder deux Ong sur les droits de l’Homme et l’engagement civique. Son cas est examiné par un groupe de travail des Nations unies, qui demande sa libération.

L'oppostion étouffée

L’opposition est muselée, presque décapitée à la veille des élections législatives prévues le 23 juillet. À cette date, le Cambodge doit renouveler ses 125 députés, Hun Sen est assuré d’être réélu. 

L’autre figure de l’opposition Kem Sohka, 69 ans, est en résidence surveillée pour 27 ans. Il n’a plus le droit de voter et d’aspirer à des fonctions politiques. Les États-Unis ont dénoncé une conspiration politique. Hun Sen, plus ancien dirigeant d’Asie, allié de la Chine, a la voie libre. Il a étouffé l’opposition, et interdit en février dernier le site d’information Voice of democraty, principal média indépendant du pays. Une chape de plomb est tombée sur le Cambodge. 

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