Afghanistan : des pourparlers à Moscou avec les talibans et sans les États-Unis

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Les États-Unis ne participent pas aux pourparlers sur l’Afghanistan qui commencent mardi à Moscou avec la Russie, le Pakistan et la Chine. Discussions auxquelles se joindront les talibans le lendemain.

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Radio France
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Lors d'une conférence internationale sur l'Afghanistan à Moscou, le 18 mars 2021. Photo d'illustration. (HANDOUT / RUSSIAN FOREIGN MINISTRY / AFP)

Trois possibles alliés des talibans discutent avec eux à Moscou. Des concertations à huis clos et qui en disent long sur les nouveaux rapports de force dans la région. Les États-Unis ont fait savoir à la dernière minute qu’ils ne participeront pas aux discussions. Et ils annoncent en même temps le remplacement de leur émissaire pour l’Afghanistan, qui avait négocié le désastreux accord de Doha ayant conduit à la prise du pouvoir par les talibans.

C’est une conséquence de la débâcle diplomatique subie par Washington. Une situation hautement prévisible dès l’accord conclu en février 2020 au Qatar entre le mollah Baradar - cofondateur des talibans - et l’émissaire américain Zalmay Khalilzad. Un accord historique, expliquait alors ce représentant de Washington après des mois de subtiles tractations, de sommets et de conférences.

Zalmay Khalilzad parlant le pachtoun et le dari vient de quitter ses fonctions lundi 18 octobre, à la veille de ces pourparlers sur l’Afghanistan. Sans reconnaître son échec, il estime que l’accord politique ne s’est pas déroulé comme prévu. Ce fin connaisseur de la situation afghane - mais visiblement incapable d’en comprendre la mécanique - laisse la place à son adjoint, Thomas West, ancien conseiller de la Maison Blanche sous l’administration Obama. Mais le nouvel émissaire américain se tient à l’écart des pourparlers de Moscou, officiellement pour des raisons logistiques.

Un ennemi commun : le groupe État islamique

Peut-on dire que les États-Unis sont marginalisés dans le jeu diplomatique autour de l’Afghanistan ? De fait Washington, qui a laissé les talibans revenir au pouvoir n’est pas en position de force pour discuter avec eux, surtout si autour de la table se trouvent des États qui ont déjà pactisé avec les nouveaux maîtres de Kaboul. La Russie organisatrice de ces pourparlers à Moscou attend des talibans qu’ils maîtrisent les cellules du groupe État islamique toujours actives en Afghanistan, et qui pourraient déstabiliser les anciennes républiques soviétiques au sud du territoire russe.

L’éradication du groupe État islamique dans la région est également une revendication pressante de la Chine qui partage 80 km de frontière avec l’Afghanistan et redoute une jonction entre les groupes terroristes de part et d’autre. Quant au Pakistan, ses relations avec les talibans sont enracinées. Aujourd’hui ces trois pays vont faire le point sur leurs demandes respectives avant de rencontrer mercredi les talibans. Faut-il préciser que les droits de l’homme en Afghanistan et le statut des femmes en particulier ne seront pas des préoccupations majeures dans ces pourparlers ?

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