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Tout est politique. Avion affrété pour Edouard Philippe : "C'est un peu l'arroseur arrosé", réagit Damien Abad, député LR

Le Premier ministre Edouard Philippe a utilisé un avion de luxe privé pour une partie de son retour de Nouvelle-Calédonie, début décembre, afin d'arriver plus tôt à Paris. Une information qui a fait réagir les invités de Tout est politique, mardi sur franceinfo.

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Edouard Philippe lors de sa visite en Nouvelle-Calédonie, le 3 décembre 2017.
Edouard Philippe lors de sa visite en Nouvelle-Calédonie, le 3 décembre 2017. (FRED PAYET / AFP)

L'information a été révélée mardi 19 décembre : Matignon a dépensé 350 000 euros pour louer un avion de luxe afin de permettre au Premier ministre Edouard Philippe de rentrer plus rapidement de son voyage en Nouvelle-Calédonie, le 5 décembre. Edouard Philippe a réalisé la première partie du voyage dans un avion de l'armée de l'air mobilisé pour l'occasion, avant de changer d'avion lors de l'escale à Tokyo. Il a alors embarqué avec les 60 personnes de sa délégation dans un A340 de luxe avec 100 sièges de première classe.

Matignon a avancé deux raisons pour ce vol au coût important. Tout d'abord, l'avion était jugé trop inconfortable car il ne sert normalement pas à transporter des membres du gouvernement de nuit, sur un vol long courrier. Ensuite, Edouard Philippe devait revenir rapidement en métropole car Emmanuel Macron s'apprêtait à décoller pour l'Algérie. En effet, en l'absence du chef de l'Etat, le Premier ministre doit se trouver en métropole. 

Hervé Berville : "C'était exceptionnel"

Pour le député La République en marche des Côtes-d'Armor Hervé Berville, "c'était exceptionnel". Si le marcheur reconnaît qu'il "faut de l'exemplarité et de la transparence", il précise cependant que "Matignon a répondu à toutes les questions. Il n'y a pas à polémiquer plus que cela." Selon lui, Matignon a su concilier nécessiter d'Etat et économies. "Il y avait une nécessité pour le Premier ministre d'être à Paris dans un temps imparti. Il a fait la première partie dans un avion qui a pu réduire les coûts."

Damien Abad : "C'est un peu l'arroseur arrosé"

Le député Les Républicains de l'Ain Damien Abad a lui estimé que cette dépense était "la preuve de la déconnexion entre le pouvoir et les Français". Il dit se mettre à la place des Français, "qui se disent 'On ne doit pas vivre dans le même monde'". Selon lui, "c'est un peu l'arroseur arrosé et que ceux qui nous donnent des leçons tous les jours sont un peu finalement des victimes collatérales".

Damien Abad ajoute qu'"il ne s'agit pas de faire de la polémique pour la polémique" : "On sait bien qu'il y a des déplacements qui sont nécessaires, qui sont parfois longs et que forcément, il faut un minimum de confort. Mais on peut quand même s'interroger sur (...) pourquoi ce conseil de défense était placé à ce moment-là, alors même que le Premier ministre est en Nouvelle-Calédonie, alors même qu'on savait qu'il y avait alors un problème de temps entre le Premier ministre et le président de la République ?"

Ludovic Pajot : "L'Etat doit être exemplaire"

"L'état doit être exemplaire", a réagi pour sa part le député Front national du Pas-de-Calais Ludovic Pajot. Il estime que cette exemplarité concerne tous les membres du gouvernement : "Il faut mettre aussi sur la table le train de vie des ministres et du Premier ministre", affirme le député qui met en avant les "sacrifices" demandé aux Français par le gouvernement.

Edouard Philippe lors de sa visite en Nouvelle-Calédonie, le 3 décembre 2017.
Edouard Philippe lors de sa visite en Nouvelle-Calédonie, le 3 décembre 2017. (FRED PAYET / AFP)