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Partager son amour

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Savoir Etre aborde cette semaine la difficulté que peuvent avoir les très jeunes enfants de partager leur amour.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
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Anne-Marie
est la grand-mère d'une petite fille de 2 ans et demi. Or, chaque fois que sa
mère vient la récupérer chez elle, elle fait des crises. Elle refuse
d'embrasser sa mère, refuse de partir avec elle, et veut rester chez ses
grands-parents. Anne-Marie nous précise que c'est une enfant très vive, qui ne
fait, habituellement, jamais de
caprices. Alors, elle demande à la psychanalyste Claude Halmos que faire...

"La première chose que l'on peut dire, précise Claude Halmos, c'est que, un enfant ne fait ce genre de crise que si, à l'insu de tout le monde bien sûr, quelque chose lui permet de le faire ".

Ces crises font plaisir à quelqu'un ?

"Il peut s'agir de cela, mais c'est en général beaucoup plus compliqué que ça. Vous savez, il suffit qu'un enfant sente une faille chez les adultes pour qu'il s'y engouffre, et il peut sentir une faille chez les adultes même si eux-mêmes, les adultes, ne la ressentent pas, même s'ils n'en sont pas conscients ".

Dans ce cas, il pourrait s'agir de quoi ?

"Cette petite fille peut avoir l'impression que ses grands-parents ne l'aimeront plus si après avoir été chez eux, elle manifeste qu'elle est contente de retrouver sa mère, et peut-être que sa conduite est d'ailleurs une façon de leur poser la question : est-ce que vous serez fâchés si tout en vous aimant, je continue à aimer ma maman ? Elle peut sentir aussi une animosité entre ses grands-parents et sa mère, et même une rivalité inconsciente, et puis elle peut avoir senti chez sa mère, un manque de confiance en elle - certaines mères ont peur que leur enfant ne les aime plus - et elle en joue pour tirer les ficelles" .

Qu'est-ce que ses grands-parents pourraient faire ?

"Je crois que c'est aux parents de cette petite fille et notamment à son père de lui parler, et de reprendre les choses ensuite éventuellement en présence des grands-parents. Lui parler pour lui expliquer qu'elle doit vraiment arrêter ses crises, parce que dans la vie, chacun a une place, et qu'on peut aimer chaque personne sans rien retirer aux autres. Au fond le coeur, c'est comme les autobus, y a plein de places dedans, et c'est encore mieux que les autobus, car même aux heures de pointe, il y a de la place pour tout le monde ", conclut Claude Halmos.

Les dernières parutions (sélection de Bruno Denaes):

* Souffrir ou aimer. Transformer
l'émotion
, Dr
Christophe Massin (Ed. Odile Jacob). Trop souvent, nos émotions mal comprises,
nos blessures d'enfance nous condamnent à répéter relations insatisfaisantes et
comportements destructeurs. Cette psychiatre montre comment l'émotion,
transformée par un travail d'acceptation, permet de nous pacifier et d'accéder
à l'amour de soi et de l'autre.

* Le burn-out des quinquas , Jean-Emile Vanderheyden (Ed. de
boeck). Les quinquas, toutes professions confondues, sont les plus touchés par
le burn-out. Cet ouvrage analyse le pourquoi de cette situation, ses
conséquences, les facteurs de risques, mais propose aussi des solutions pour la
prise en charge du trouble.

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