On s'y emploie, France info

On s'y emploie. Les secrets du management positif

"On s'y emploie", c'est tous les dimanches un gros plan sur le monde du travail, avec une personnalité qui l'éclaire. 

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
Photo d\'illustration de femme cadre d\'entreprise.
Photo d'illustration de femme cadre d'entreprise. (ERIC AUDRAS / ALTOPRESS)

Le printemps de l'optimisme vient de se tenir à Paris

Deux jours consacrés la qualité de vie au travail notamment. Une notion à la mode mais qui a du mal à cohabiter avec la pression toujours plus forte qui pèse sur le monde du travail...

Ilona Boniwell est professeur de management positif à Centrale et à HEC.

C'est quoi le management positif ?

I.B. : le management positif c'est l'attitude qu'on peut adopter face à un salarié, l'attitude d'optimisme, de considération des êtres humains, par rapport au bonheur et à l'engagement. C'est quelque chose qui nous permet de réveiller les forces humaines et la capacité à être complètement impliqué dans le travail.

Nos managers français sont-ils ouverts à ce management ? 

Ne sont-ils pas trop tournés vers la hiérarchie ?
I.B. : Un petit peu, oui. Les gens sont ouverts à ça parce qu'ils ont compris que si on continue avec les vieilles façons, ça ne marche pas. On a beaucoup d'études qui démontrent que le management positif est très efficace. 

Concrètement, quels sont les leviers sur lesquels un manager peut agir pour rendre heureux les hommes et les femmes autour de lui ?

I.B : il n'existe pas une attitude unique, mais ça veut dire par exemple d'être plus ouvert aux erreurs, et ne pas avoir l'esprit figé. Sinon on considère que les gens peuvent être performants à un certain niveau. Si on a l'état d'esprit ouvert on admet que si les gens mettent plus d'effort, ils peuvent progresser beaucoup plus. On a beaucoup de recherches qui nous montrent que si on croit que nos capacités peuvent changer avec l'effort, notre performance est plus élevée.

Ces dernières années, la charge de travail s'est alourdie

C'est notamment ce que montre l'Anact, l'agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail, est-ce que ça laisse de la place à votre discours ?

I.B. : on a d'autant plus besoin de salariés impliqués dans le travail. Si on les voit comme des êtres humains, on écoute leurs émotions, on écoute aussi s'ils sont à la bonne place, s'ils peuvent utiliser toutes leurs capacités et tout leur talent, on prend soin de leur bien-être et on prend conscience des relations humaines. On sait très bien que si les gens sont dans des relations positives entre eux, ils sont beaucoup plus performants.

On a des études qui démontrent que si les gens travaillent avec leurs amis, ils arrivent à construire neuf modèles différents dans le même temps, alors que si on travaille simplement avec des gens que l'on connait bien, là on n'arrive à construire que 2,5 modèles d'un jeu comme le Lego. Donc il faut donner cet espace pour construire de bonnes relations. Le management positif c'est quelque chose qui prend soin de ses relations humaines.

Photo d\'illustration de femme cadre d\'entreprise.
Photo d'illustration de femme cadre d'entreprise. (ERIC AUDRAS / ALTOPRESS)