Ma vie d'après, France info

Ma vie d'après. Le tissu associatif

Ces petits riens, ces petits touts, la preuve que rien ne sera plus comme avant, que le "monde d'après" est déjà là. Lundi, Neila est un tissu qui peine à se remettre du coronavirus. 

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Un groupe solidaire. Photo d\'illlustration.
Un groupe solidaire. Photo d'illlustration. (ALE VENTURA / MAXPPP)

Je suis un tissu particulier. Si particulier qu’il faut 1,8 millions de salariés et 16 millions de bénévoles pour me confectionner. Je suis le tissu associatif. Un tissu délicat, qui peine à se remettre des effets du confinement. 68% des associations ont fonctionné à moins de 20% de leur activité sur la période, résultat d’une enquête menée auprès de 13 000 d’entre elles. La reprise pleine et entière prend du temps, pour divers raisons : la peur du virus, qui fait qu’on n’inscrit plus les enfants au football ou au rugby, la peur du virus aussi, qui fait déserter les bénévoles les plus fragiles et puis le manque de visibilité sur le maintien des subventions publiques.
 
Indispensables associations pourtant, qui oeuvrent à  atténuer les effets de la crise, en recréant un lien social distendu. Dans le domaine de l’emploi, pour Arnaud Fimat qui veut aider les populations les moins intégrées à l’emploi à constituer : Un début de réseau, le nom de l’association qu’il lance à la rentrée : "Aujourd'hui sept emplois sur 10 se trouvent par son réseau personnel et professionnel. 'Un début de réseau' c'est comment faciliter, comment inciter le coup de pouce que l'on peut tous donner. C'est un peu le 'Meetic' professionnel. Sur "Meetic" on va rencontrer son mari ou sa femme. Sur 'Un début de réseau", les jeunes vont rencontrer l'adulte qui peuvent l'aider dans son parcours, et l'adulte va rencontrer le jeune qui l'a envie d'aider."

"La dimension solidaire réveille le meilleur de l'homme..." 

Arnaud Fimat a une autre casquette, celle du chef d’entreprise mais toujours en lien avec le milieu associatif.  Avec sa coopérative Ça me regarde, il  propose aux entreprises des stages de cohésion un peu particuliers, dans des structures solidaires. C’est bien moins cher que le karting ou l’accrobranche et bien plus efficace, et utile : "Le DRH branché chez Emmaüs, le DRH en short, il n'a jamais été aussi sympa. C'est une autre personne. On fait beaucoup de séminaires, où le patron nous dit : 'j'ai deux équipes qui fusionnent, ils ont des a priori croisés, je n'y arrive pas'. La dimension solidaire réveille le meilleur de l'homme. On dépasse l'égo."
 
Cet écosystème, si précieux, bénéficie d’aides et de mesures d’urgence, comme le prêt garanti par l’État, mais n’y a pas forcément recours, les associations parlent de dispositifs inadaptés et réclament des mécanismes dédiés. Par exemple que tous les dons des particuliers soient défiscalisés à 75%, contre 66% aujourd’hui. comme cela avait été fait pour la cathédrale de Notre-Dame de Paris. Il y a un réel enjeu politique. Le Conseil d'analyse économique (CAE), rattaché à Matignon, notait en janvier que moins il y a d’associations par habitants dans une ville, plus il y a de rassemblements type "gilets jaunes" Les acteurs du secteur ont au moins cet argument pour se faire entendre.

Un groupe solidaire. Photo d\'illlustration.
Un groupe solidaire. Photo d'illlustration. (ALE VENTURA / MAXPPP)