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Le mot de l'éco. L’économie mondiale dépendante de la Chine

 En 20 ans, la Chine est devenue bien plus que l’usine du monde, elle est le centre névralgique de la mondialisation. La crise sanitaire du coronavirus Covid-19 montre à quel point l’économie mondiale est devenue ultra-dépendante de la Chine.

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Le taux du Nikkei à Tokyo (Japon), le 25 février 2020. Photo d\'illustration.
Le taux du Nikkei à Tokyo (Japon), le 25 février 2020. Photo d'illustration. (PHILIP FONG / AFP)

La crise sanitaire mondiale liée à l'apparition du coronavirus Covid-19 montre à quel point l'économie mondiale est devenue ultra-dépendante de la Chine. En à peine deux décennies, "l'usine du monde" est devenue le centre névralgique de la mondialisation.

La Chine : deuxième économie mondiale aujourd'hui

La mondialisation s’apparente en réalité à une "sinisation". "La Chine conditionne le monde", résume l’économiste Philippe Waechter. Ce n’était pas le cas au début des années 2000, au moment de l’épidémie de SRAS, (syndrome respiratoire aigü sévère), notamment. La Chine représente alors moins de 5% du PIB mondial, elle était une puissante émergente comme le Brésil, l'Inde, la Russie. Au moment où la Chine entre à l’OMC en 2001, elle pèse économiquement à peu près le poids de la France. Aujourd'hui, c'est la deuxième économie mondiale.

En 20 ans, son PIB a été multiplié par quatre, La Chine c'est 20% de la richesse mondiale, un tiers de la croissance mondiale, 30% de la production manufacturière, et autant du commerce international. Une concentration extrême, fruit notamment des délocalisations massives de l’industrie européenne, attirée au départ par une main-d'œuvre à bas coût.    

Certains secteurs sont particulièrement dépendants de la production chinoise 

La Chine est au centre de la chaîne de valeur de l’industrie l’automobile. Elle domine aussi la production textile, celle des composants électroniques. 70% des smartphones sont produits en Chine, pour les jouets, c'est 80%. Quant aux produits pharmaceutiques, même si l’Europe produit encore des médicaments, les principes actifs, eux, sont largement importés de Chine. Le pays produit 90% de la pénicilline, 60% du Doliprane, 50% de l'Ibuprofène. Il n’y a pas encore de pénurie pour l'instant, mais qu’en sera-t-il si la production chinoise continue à tourner au ralenti pendant des semaines encore ?

Des questions qui agitent les marchés financiers : les places boursières ont connu leur pire semaine depuis 2008. Car cette crise a un double impact : sur la demande (la consommation chinoise qui ralentit) mais aussi sur l'offre avec de potentiels problèmes d'approvisionnement.  

Questions sur la mondialisation  

Le FMI parle de 0,1 point de croissance mondiale en moins. Mais il y une autre conséquence, plus immatérielle : une prise de conscience forcée, un peu brutale, de la grande dépendance de nos économies à la production chinoise. Sanofi réfléchit d’ailleurs à réimplanter en Europe des sites de productions de principes actifs.

Cette crise est peut-être une occasion unique d'engager une réflexion sur les équilibres de la mondialisation, sur les relocalisations, finalement sur l'autonomie des leviers de croissance. La question est économique, elle relève aussi de l’indépendance stratégique face à l’autoritaire un régime chinois.  

Le taux du Nikkei à Tokyo (Japon), le 25 février 2020. Photo d\'illustration.
Le taux du Nikkei à Tokyo (Japon), le 25 février 2020. Photo d'illustration. (PHILIP FONG / AFP)