La Chine interdit "complètement" le commerce et la consommation d'animaux sauvages

Cette décision a été prise par le comité permanent du Parlement. 

Un policier devant le marché aux poissons fermé de Wuhan (Chine), le 10 janvier 2020.
Un policier devant le marché aux poissons fermé de Wuhan (Chine), le 10 janvier 2020. (DARLEY SHEN / REUTERS)

La Chine a décidé d'interdire "complètement" et immédiatement le commerce et la consommation d'animaux sauvages, lundi 24 février, une pratique suspectée dans la propagation du nouveau coronavirus. Le comité permanent du Parlement chinois a approuvé cette proposition visant à "abolir la mauvaise habitude de trop consommer des animaux sauvages et protéger efficacement la santé et la vie de la population", a rapporté la télévision d'Etat CCTV.

Fin janvier, la Chine avait déjà adopté une directive interdisant temporairement ce commerce "jusqu'à la fin de la situation épidémique nationale". Des experts chinois estiment que le virus est apparu sur un marché de Wuhan où étaient vendus des animaux sauvages pour la consommation humaine. Le coronavirus, qui a déjà tué près de 2 600 personnes en Chine continentale et une trentaine ailleurs dans le monde, avait été repéré en décembre sur ce marché.

Interdiction avec application immédiate

L'épidémie de coronavirus a souligné "l'important problème de la consommation excessive d'animaux sauvages et les grands dangers cachés pour la santé et la sécurité publiques", a ajouté la télévision chinoise. Le comité a décidé cette interdiction avec application immédiate en attendant le vote d'une loi définitive. Le comité permanent du Parlement se réunit entre les sessions plénières de l'Assemblée nationale populaire (ANP, Parlement) et il a décidé de reporter sine die la session annuelle de l'ANP pour cause d'épidémie.

Le commerce d'animaux sauvages avait également été interdit lors de la crise du Sras (Syndrome respiratoire aigü sévère) en 2002-2003, un coronavirus dont la transmission avait également été liée à la consommation d'animaux sauvages. Mais elle avait rapidement repris. Des organisations militant pour la protection des animaux accusent la Chine de tolérer un commerce caché d'animaux exotiques utilisés pour la cuisine ou la médecine traditionnelle.

Toujours pas de source identifiée

La source exacte du nouveau coronavirus n'a toujours pas été confirmée. Les scientifiques soupçonnent un mammifère et ont tour à tour suspecté les chauve-souris, les pangolins ou d'autres animaux. Pour le Sras, les scientifiques avaient identifié la chauve-souris comme animal "réservoir" et la civette comme "hôte intermédiaire" ayant permis au virus de s'adapter à l'homme.

Des civettes figuraient parmi les dizaines d'espèces mises en vente par l'un des marchands de Wuhan, selon une liste de prix qui a circulé sur internet en Chine. Y figuraient également des rats, des serpents, des salamandres géantes et des louveteaux vivants.