"Gastronomie", à l'heure où manger coûte cher

Les émissions télévisées sur la haute-cuisine connaissent toujours autant de succès, les restaurants haut de gamme font le plein. Comment expliquer l’attrait pour la gastronomie, alors que se nourrir au quotidien coûte de plus en plus cher ?
Article rédigé par Bernard Thomasson
Radio France
Publié
Temps de lecture : 3 min
Même un restaurant de légende comme Le Grand Véfour, à Paris, a choisi de proposer des menus à petit prix, voulus par son chef Guy Martin, pour réconcilier la gastronomie avec le pouvoir d'achat du plus grand nombre. (BENOIT TESSIER / MAXPPP)

"Gastronomie" est notre mot à la bouche cette semaine, parce qu'il y a peut-être un paradoxe entre l'attrait pour cette forme culinaire haut de gamme qui fait toujours autant rêver et l'alimentation au quotidien dans des conditions économiques difficiles pour beaucoup de Français. On sait le succès des émissions télévisées sur la haute-cuisine, les restaurants dits gastronomiques ne désemplissent pas. Thierry Marx a voulu réfléchir à cette question.

Notre chef deux étoiles à Paris apporte d'abord sa propre définition de la gastronomie : "C'est quelque chose de culturel, de patrimonial, qui fait partie de cette immense planète qu'est l'alimentation. Et si on veut tirer l'alimentation vers le haut, il faut parler de gastronomie car c'est l'excellence qui conduit l'ensemble de la chaine alimentaire vers le mieux. L'excellence du geste, l'excellence de la cuisson, l'excellence du choix du produit."

Faire sa gastronomie à la maison

La question est donc de savoir si manger consiste simplement à remplir un estomac, ou si c'est associer le corps et l'esprit. "Bien manger, dans toute les strates de la société, c'est aussi lutter contre l'inflation, ajoute Thierry Marx. Il faut arrêter d'acheter des plats ultra-transformés beaucoup trop chers, pour choisir ses produits sur le marché et se remettre à cuisiner."

L'important, pour réconcilier la gastronomie et le bien manger moins coûteux, est de ne pas se laisser dompter par l'industrie qui joue de l'inflation, qui tire vers le bas avec la théorie du low-cost : on promet un petit prix mais on vous fait renoncer à la qualité. Se remettre à la cuisine c'est possible pour tous, acheter des produits pas chers pour faire "sa" gastronomie à la maison. Car le mot ne doit pas se réduire à une, deux ou trois étoiles...

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