Au Canada, Justin Trudeau revient à la case départ

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Au Canada, le libéral Justin Trudeau rempile au poste de Premier ministre... Et c'est le retour à la case départ.

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Radio France
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Le Premier ministre canadien Justin Trudeau prononce son discours de victoire à l'hôtel Fairmount Queen Elizabeth à Montréal, (Québec), le 21 septembre 2021. (ANDREJ IVANOV / AFP)

Son parti remporte le scrutin avec quasiment le même nombre de députés que dans la précédente législature. Justin Trudeau sauve sa peau, mais c'est une victoire sur le fil, sans panache car son troisième gouvernement sera comme le précédent : un gouvernement minoritaire, contraint de négocier avec deux petits partis pour faire voter les projets de loi. Exactement ce qu'il cherchait à éviter en convoquant des élections anticipées deux ans avant la fin de son mandat.

En fait il a voulu profiter de sa popularité liée à sa bonne gestion de la crise sanitaire pour retrouver la majorité qu'il avait perdue en 2019. Il pensait que sa réélection ne serait qu'une formalité. Sauf que les Canadiens n'ont pas bien compris pourquoi il se lançait dans cette aventure en pleine pandémie, pendant que ses adversaires se sont empressés de dénoncer son opportunisme politique.
Résultat, jusqu'au dernier jour il s'est retrouvé au coude à coude avec son rival conservateur.

Le tout dans une campagne chaotique, perturbée par les antivax et les opposants au pass sanitaire. On l'a insulté, on l'a chahuté... En août, il a dû annuler un meeting. Dans l'Ontario le 7 septembre, un manifestant lui a même jeté des gravillons pendant qu'il montait dans son bus.

Fin de la lune de miel

On est loin de la "Trudeau-mania" qui avait accompagné son arrivée au pouvoir, en 2015 ! Souvenez-vous de ce dandy quadragénaire flamboyant qui fait la une du magazine Rolling Stone, avec lequel Emmanuel Macron aime s'afficher lors des sommets internationaux.

Il est celui qui fait du Canada le deuxième pays au monde à légaliser le cannabis, adopte une loi sur la fin de vie, mène une politique de centre gauche qui répartit les richesses. Mais au fil des ans la séduction s'émousse ; quand il est touché par des scandales de corruption et de conflits d'intérêt en 2019, il ne peut plus renverser la vapeur.

Son bilan se ternit, en matière d'environnement il doit reculer face à la realpolitik du Canada (quatrième producteur de pétrole au monde). Il se fâche aussi avec le Québec en repoussant aux calendes grecques l’adoption d’une loi sur la défense du français. Bref, son image de réformateur en prend un coup.

Le Canada, pas encore "de retour"...

Maintenant qu'il reste, ça ne va pas changer grand chose, notamment sur la scène internationale. Il y a cinq ans, Justin Trudeau se glorifiait d'être un dirigeant multilatéraliste, annonçant triomphalement que le Canada était "de retour". En réalité, son influence n'a fait que décliner. Ottawa n'a même pas réussi à obtenir un siège non permanent au Conseil de sécurité des Nations unies.

Il s'est en plus brouillé avec de grandes puissances comme la Russie ou la Chine, quand en 2018, à la demande des États-Unis, il fait arrêter une dirigeante chinoise de Huawei à Vancouver. Le Canada est un joueur secondaire sur la scène internationale. Il va le rester.

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