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En Chine, les homosexuels sont soumis à des "cures de conversion"

Tous les jours, Marie Colmant revient sur un sujet qui était passé presque inaperçu : lundi, la situation des homosexuels en Chine. L'homosuexualité a été dépénalisée mais les LGBT sont "soignés" de force de leur prétendue maladie.

La \"Pride Run\" à Shanghaï, en juin 2017, une des rares manifestations de la communauté LGBT en Chine.
La "Pride Run" à Shanghaï, en juin 2017, une des rares manifestations de la communauté LGBT en Chine. (STR / AFP)

Pas très facile d’être homosexuel en Chine, surtout ces derniers temps, avec la mise en application des "cures de conversion". C’est un rapport de Human Rights Watch sorti il y a quelques jours à peine qui sonne l’alarme sur ces pratiques médicales, qui concernent des dizaines de personnes sur l’ensemble du territoire chinois. Comment ça se passe ? Dans la totalité des cas, l’initiative de la cure de conversion est prise par les parents qui ne supportent pas la honte d’avoir un enfant homosexuel.

La décision intervient en général juste après que leur enfant a fait son coming out. La pression parentale est telle que c’est de leur plein gré que ces jeunes homosexuels acceptent d’être internés volontairement dans un hôpital psychiatrique et de subir un traitement de choc pour le ou la débarrasser de cette orientation sexuelle problématique.

Des cures aux airs d'"Orange Mécanique"

A quoi ressemble une cure de conversion en Chine ? A des prises de médicaments, sans informer le patient de ce qu’il ingurgite. Parfois la cure a des airs d’Orange Mécanique comme le raconte cette femme trans, à qui on a injecté un liquide bleu, sans lui dire ce que c’était, en la forçant à regarder des vidéos pornographiques.

Parfois les cures vont plus loin, quand le personnel soignant insulte à longueur de journée ces patients, les menace, ou pire encore, quand les médecins imposent des séries d’électrochocs à ces prétendus malades.

La "thérapie par la répulsion"

L’un d’eux raconte avoir subi neuf électrochocs en deux mois de traitement, des séances qu’il décrit comme particulièrement pénibles, le médecin lui demandant en plus d’associer cette douleur aux souvenirs qu’il avait de son petit ami. Ce que les médecins chinois appellent la thérapie par la répulsion, en associant la douleur aux relations homosexuelles.

La ficelle est un peu grosse et évidemment sans effets, comme le prouvent les chiffres. Mais il y a une petite lueur d’espoir au bout du tunnel, d’abord parce que la loi chinoise a reconnu l’homosexualité, et l’a décriminalisée en 1997. Elle a également interdit très officiellement ces cures de conversion.

La preuve, en juillet dernier, un homosexuel chinois qui était passé par là, a gagné une action en justice contre l’hôpital psychiatrique où il avait subi une cure de conversion, et obtenu des excuses publiques et une compensation financière.

La \"Pride Run\" à Shanghaï, en juin 2017, une des rares manifestations de la communauté LGBT en Chine.
La "Pride Run" à Shanghaï, en juin 2017, une des rares manifestations de la communauté LGBT en Chine. (STR / AFP)