Le monde d'Élodie, France info

Robert Charlebois : "Il y a toujours quelqu’un qui trouve un nouvel angle, une nouvelle idée"

Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Aujourd'hui, l’invité est Robert Charlebois auteur-compositeur-interprète et musicien québécois pour le spectacle : "Charleboisscope" et l’album "Et voilà".

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Robert Charlebois, en concert au théâtre Bobino de Paris, le 11 avril 2016. 
Robert Charlebois, en concert au théâtre Bobino de Paris, le 11 avril 2016.  (OLIVIER CORSAN / MAXPPP)

"J’ai à peu près fait le tour de la musique sans prétention, de la guitare acoustique à l’orchestre symphonique mais j'ai fait du rock toute ma vie." Et Robert Charlebois pour son show Charleboisscope, spécialement créé pour les québécois, est allé à ce qu'il fait de mieux : "du rock". Même si d'après son aveux, "le rock est un mot bateau. Le spectacle est assez pop mais assez musclé aussi."

Sans vouloir trahir un secret, il est notamment rejoint sur scène par sa complice Louise Forestier pour interpréter Lindberg, célèbre musique de 1968. Une longue histoire pour ce duo dont il évoque cette amitié si particulière depuis des décennies. "On est toujours restés amis et dès qu’on se retrouve ensemble, il se passe une espèce de magie qui est indéfinissable, raconte-t-il. C’est la synchronicité de la vie qui fait ça. Puis on se quitte. On se retrouve et c’est toujours une bombe."

Robert Charlebois revient sur l’importance de la musique, avec le piano qu'il apprend très jeune. Enfant, c’est un timide et il explique que probablement, on "devient artistes ou chanteurs parce qu’on a un manque quelque part. C’est une façon de s’exprimer. Il y a toujours quelqu’un qui trouve un nouvel angle, une nouvelle idée comme en photographie ou en peinture."

Sa scolarité est très moyenne et il se dirige vers des études de théâtre. Ce qui finalement n’est pas incompatible avec sa passion pour la musique. "Pour faire des chansons, il ne faut pas être aussi bon que Rimbaud ou Baudelaire. Ça demande un autre talent." Pour lui, il faut surtout "savoir mettre le bon mot sur le bon accord. Les accords majeurs nous mettent de bonne humeur, les accords mineurs sont plus mélancoliques. Qu’on soit polonais, africain, québécois, français... Quand on entend un accord mineur on est triste."

Je n’aime pas exhiber ma tristesse. Quand il y a du malheur autour de moi, je me sens comme un animal blessé, qui va au fond de la forêt.

Robert Charlebois

à franceinfo

Reconnu comme un géant de la chanson québécoise au même titre que les chanteurs Gilles Vigneault et Félix Leclerc, il est couramment surnommé l’Elvis canadien. Une comparaison qu’il réfute puisqu’il se sent plus proche de Chuck Berry. Ce dernier chantait les chansons qu’il écrivait ce qui n’était pas le cas du King. "Quand j’achetais les disques de Chuck Berry, je regardais, c’était marqué 'Paroles : Chuck Berry, Musique : Chuck Berry' et je savais que c'était ça que je voulais faire."

Robert Charlebois, c’est 50 ans de carrière et une multitude de rencontres due probablement à sa curiosité, à sa jovialité, et à son humour et cette importance "d’apprendre en s’amusant". Il a aussi fait de nombreuses collaborations avec des artistes français notamment Léo Ferré, Jacques Brel, Georges Brassens, Charles Aznavour, Gilbert Bécaud, Claude Nougaro, Serge Gainsbourg. "C’était des génies. Et là, j’étais fasciné par ces gens-là." Pensant à eux, il avoue avoir un peu peur du temps qui passe "parce que ça va trop vite" mais il n’a pas peur de la mort. "L’usure de la machine, la souffrance me fait peur mais la mort non, pas trop", conclut-il.

Robert Charlebois, en concert au théâtre Bobino de Paris, le 11 avril 2016. 
Robert Charlebois, en concert au théâtre Bobino de Paris, le 11 avril 2016.  (OLIVIER CORSAN / MAXPPP)