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Pascal Obispo lance sa propre appli : "C'est un manifeste pour la liberté, j'ai fabriqué ma maison de musique"

Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Aujourd'hui, Pascal Obispo.

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Pascal Obispo, en novembre 2019.
Pascal Obispo, en novembre 2019. (LIONEL VADAM / MAXPPP)

Chanteur, auteur, compositeur, Pascal Obispo cumule les succès depuis 1992 avec le titre Plus que tout au monde. Parallèlement à sa carrière de chanteur, il a signé de nombreux succès pour d'autres artistes, Savoir aimer, Chanter pour Florent Pagny, c'est lui. Allumer le feu de Johnny Hallyday, c'est lui. Zen pour Zazie, c'est lui. Ma liberté contre la tienne pour Patricia Kaas, c'est lui. L'envie d'aimer, la comédie musicale Les Dix commandements, c'est lui encore. Il a aussi très souvent mis sa popularité au profit d'œuvres humanitaires, et notamment pour les Restos du cœur et la lutte contre le sida. Il devient le premier artiste au monde à lancer aujourd'hui sa propre plateforme : "Obispo All Access"... Pascal Obispo confie à Elodie Suigo les raisons pour lesquelles il reprend sa liberté artistique.

Elodie Suigo : Vous avez décidé de vous lancer dans une nouvelle aventure qui n'a jamais été réalisée en France : le lancement de votre plateforme. Pourquoi ?

Pascal Obispo : J'avais une très, très forte envie d'être libre. Au fil du temps et au fil des projets que j'ai pu faire, je considérais que sortir un seul album, ce n'était pas suffisant pour moi. Et puis, j'ai tellement d'appétence pour d'autres styles de musique différents, j'ai tellement envie de faire des expériences ailleurs que le seul moyen que j'ai trouvé pour le faire, c'est de fabriquer une application. C'est un manifeste pour la liberté. J'ai fabriqué ma maison de musique. C'est une application qui s'appelle Obispo All Access et sur cette application il y aura de la musique et du contenu, des vidéos, des reportages et documentaires, des karaokés, des cours, des interviews. Et puis, il y aura la musique. C'est tout ce que j'ai fait jusqu'à maintenant, qui sera gratuit. Et sur abonnement, il y aura les nouveaux albums que je vais sortir là. Aujourd'hui, j'ai décidé de sortir trois albums et puis quelques extraits de deux autres.

Quels sont ces albums ?

Captain Samouraï Flower, qui est très attendu par les fans. Ensuite, il y a un album d'inédits qui s'appelle Electrobispo. Je me suis amusé avec un programmateur compositeur de 24 ans [James Gravity]. Il y aura aussi un album de covers de chansons de Christophe. L'idée, c'est de pouvoir faire de la musique quand on veut, avec qui on veut, et de pouvoir sortir les titres sans être esclave d'un système qui ne nous permet pas d'être à son tempo. Je n'aurais pas pu faire tout ce que je fais aujourd'hui si j'avais été dans une maison de disques. Je ne peux pas faire passer les ventes de disques avant le plaisir de faire de la musique. C'est impossible pour moi, parce que je voulais faire de la qualité. Faire des beaux clips, de belles choses, en fait. J'ai profité de cette occasion pour fabriquer cette machine à plaisir.

Cette machine à plaisir, elle a un coût. Il est fixé ?

Je peux simplement vous dire que c'est le prix d'une place de concert pour un an d'abonnement, avec beaucoup de choses et beaucoup de contenus. Pourquoi il faut que ce soit sur abonnement ? Parce qu'il y a des gens qui travaillent, dans la musique. Beaucoup de gens, en ce moment, qui souffrent et qui ne peuvent pas bosser. Cela va du fabricant d'instruments au musicien, à l'ingénieur du son, le photographe, le graphiste, les assistants... Tout ça, cela un coût. Moi, j'ai besoin de continuer à produire des choses de qualité, agréables à écouter et aussi agréable à voir. On a besoin d'un abonnement. La musique a le pouvoir d'aider les gens, de changer les choses, surtout par les temps qui courent. Si on n'avait pas la musique et l'art en général, on pourrait se foutre en l'air.

Tout ça n'est pas un challenge contre quelque chose. C'est un challenge pour mon plaisir. Je suis super content, super heureux. Evidemment, je ne vais pas lutter contre les plateformes. Moi, ce que j'ai fait, c'est que j'ai mélangé à la fois une application de musique et une application de films. Mais dans un petit magasin.

Pascal Obispo

Sur cette appli, il y a même, de la bande dessinée. Il y en a une qui va raconter l'enfance du "Captain Samouraï Flower", pour les enfants.

Exactement, une BD qui sortira peut-être en physique. Je ne m'empêche pas de faire du physique. Je ne coupe pas avec ça. Je respecte les plateformes, je respecte les maisons de disques qui m'ont permis d'être là aujourd'hui. Mes titres, j'espère, vont passer en radio. Mais par contre, ce ne sera pas forcément les titres d'un album. Ça sera autre chose. En l'occurrence, Ma génération, ce n'est pas la version qui est sur l'album Electrobispo que je propose.

"Ma génération", c'est le nouveau titre. Elle représente beaucoup de choses pour vous, cette chanson.

On cherchait une chanson qui pouvait être une représentation de ce que je suis en train de faire. J'avais envie de revenir au piano, comme on m'a découvert un soir de 1997, avec une chanson qui s'appelle Lucie. J'avais envie de revenir comme ça et raconter mes sentiments, raconter mes correspondances, raconter un peu ma génération et, peut-être, ma nostalgie. Comme disait Francis Cabrel , avec peut-être ce sentiment qu'il y a des choses qui étaient un peu mieux avant.

On souffle une bougie ensemble, parce que c'est votre anniversaire. C'est un beau cadeau, Obispo All Access, disponible à partir d'aujourd'hui...

Et c'est peut-être à partir d'aujourd'hui que je vais écrire la meilleure partie de mon répertoire.

Pascal Obispo, en novembre 2019.
Pascal Obispo, en novembre 2019. (LIONEL VADAM / MAXPPP)