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Le décryptage éco. Une prime exceptionnelle (jusqu'à 1 000 euros) à l'étude

Vendredi, au ministère du Travail, Muriel Pénicaud réunit le patronat et les syndicats. Des mesures pour augmenter le pouvoir d’achat sont à l'étude, notamment une prime de 1 000 euros. le décryptage éco de Fanny Guinochet ("L'Opinion")

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Muriel Pénicaud, ministre du Travail.
Muriel Pénicaud, ministre du Travail. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)

Muriel Pénicaud réunit au ministère du Travail, vendredi 7 décembre, le patronat et les syndicats. Des mesures pour augmenter le pouvoir d’achat sont à l'étude, dont une prime de 1 000 euros. 

Une prime exceptionnelle de 1 000 euros 

Le gouvernement semble décidé à faire un geste, pour calmer la crise, bien au-delà du simple abandon de la hausse des taxes sur les carburants. Et une prime exceptionnelle est effectivement dans les tuyaux. Les contours doivent être précisés, c’est d’ailleurs l’objet de la discussion de ce matin au ministère. Mais, d’après les informations dont on dispose, le montant de cette prime pourrait aller jusqu’à 1 000 euros. Attention, elle serait optionnelle, c’est-à-dire que les chefs d’entreprise auraient la possibilité de la verser à leurs salariés, sur la base du volontariat.  

Incitation pour les entreprises

Pour les inciter à le faire, le gouvernement propose d’exonérer cette prime de toute charge, c’est-à-dire qu’il n’y aurait pas de cotisations patronales, ni de cotisations salariales d’ailleurs Elle serait défiscalisée : les salariés qui en bénéficieraient ne paieraient pas d’impôt dessus. Reste à savoir si toutes les entreprises auront à la mesure, ou si le gouvernement va mettre des conditions, en réservant la prime par exemple uniquement aux petites entreprises. Une chose est sûre : les patrons auraient le choix de décider à qui ils la versent. Aux plus petits salaires ? Ou à tel ou tel employé ? Le gouvernement dit plancher sur un système souple, mais aussi à veiller aux effets d’aubaine pour éviter que cette prime ne vienne, par exemple, remplacer le treizième mois.    

Ce type de mesures a déjà le mérite d’être assez simple et elle a déjà fait ses preuves par le passé, puisque plusieurs gouvernements y dont déjà eu recours En 2005, Dominique de Villepin, Premier ministre, avait mis en place un bonus de ce type. En 2008, Xavier Bertrand alors ministre du Travail avait aussi eu recours à ce dispositif, en 2011 également. D’ailleurs, celui qui est aujourd’hui président de la région des Hauts-de-France porte de nouveau cette idée depuis plusieurs semaines. L’association patronale Ethic soutient aussi cette prime de 1 000 euros, tout comme la CPME, ou même U2P pour les artisans. Globalement, les patrons y sont plutôt favorables car une prime, ce n’est pas une augmentation de salaire, c’est ponctuel et moins coûteux. 

D’autres gestes possibles

Le gouvernement se penche aussi sur une éventuelle revalorisation de la prime d’activité pour les salariés juste au-dessus du Smic et qui ne sont pas concernés par la hausse de 30 euros par mois qui va intervenir en avril prochain. Il regarde aussi la façon de prendre en charge une partie des frais de déplacements domicile/ travail des Français. Globalement, l’exécutif étudie surtout des mesures qui ne coûteraient pas trop à l’Etat. Avec l’objectif de mettre au maximum les entreprises à contribution. Les organisations patronales l’ont d’ailleurs bien compris. Elles ont fait savoir que si elles étaient prêtes à participer à l’effort, elles ne voulaient pas non plus payer tous les pots cassés de la crise des "gilets jaunes".

Muriel Pénicaud, ministre du Travail.
Muriel Pénicaud, ministre du Travail. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)