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Le décryptage éco. Les discussions entre l'Italie et la Commission européenne ne font que commencer

L'hypothèse d'un Italexit semble écarté alors que l'Italie devait justifier lundi son projet de budget 2019 devant la Commission européenne. Le décryptage de Fanny Guinochet '"L'Opinion").

La Premier ministre italien Giuseppe Conté à un meeting du mouvement \"Cinq étoiles\" à Rome (Italie), le 21 octobre 2018.
La Premier ministre italien Giuseppe Conté à un meeting du mouvement "Cinq étoiles" à Rome (Italie), le 21 octobre 2018. (ALBERTO PIZZOLI / AFP)

L’Italie avait jusqu’à 12h00, lundi 22 octobre, pour répondre à la Commission européenne sur son projet de budget 2019. Bruxelles dénonce un dérapage par rapport aux règles mises en place après la dernière crise de la zone euro. Le gouvernement italien promettait d’"expliquer" son projet de budget 2019.

En signe d'apaisement, à la veille du week-end, il a répété son engagement de maintenir l’Italie dans la zone euro, donc de conserver la monnaie unique. En clair, l’Italexit est écarté. Quel est le problème italien ? La question du creusement des déficits est au cœur des préoccupations. Le gouvernement de Giuseppe Conte prévoit pour 2019 un déficit de 2,4% par rapport au PIB (la richesse économique produite par l’Italie sur l’année). 2,4% au lieu du 0,8% promis par son prédécesseur. La nouvelle équipe va donc creuser le déficit.

Manque de croissance

Le nouveau gouvernement populiste veut faire plus de social. Il veut notamment créer un revenu minimum. Il lui faut donc des moyens. Ce niveau 2,4% de déficit n’est pas catastrophique en soi (la Grèce était à 16% quand la crise a éclaté). Ce qui inquiète les experts c’est la capacité de l’Italie à réduire et rembourser sa dette qui atteint aujourd’hui 2 300 milliards d’euros. La croissance économique n’est pas là (1% à peine), l'argent ne rentre plus dans les caisses publiques, et comme le risque est grand, les taux d’intérêt auxquels l’Italie rembourse sa dette sont en train de s’envoler. La situation est insoutenable.

Depuis le lancement de l’euro en 2002, l’Italie a eu une politique plutôt rigoureuse, mais elle n’a pas réussi à créer de la croissance à cause de la mauvaise productivité du pays, du vieillissement de sa population, du niveau d’éducation, de formation, etc. C’est le seul pays de la zone euro dont le niveau de revenus par habitant n’a pas progressé depuis 15 ans. L’Italie a pourtant une industrie dynamique, mais anémiée par un manque de crédit : les banques, ayant racheté à tours de bras les dettes de l’Etat, n’ont plus les fonds nécessaires pour prêter aux entreprises pour qu’elles investissent.

 

La Premier ministre italien Giuseppe Conté à un meeting du mouvement \"Cinq étoiles\" à Rome (Italie), le 21 octobre 2018.
La Premier ministre italien Giuseppe Conté à un meeting du mouvement "Cinq étoiles" à Rome (Italie), le 21 octobre 2018. (ALBERTO PIZZOLI / AFP)