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Le brief éco. Budget de l'Italie : rien ne va plus entre Rome et Bruxelles

Vers in Italexit ? L'Italie a des difficultés pour faire baisse sa dette et les taux d’intérêt auxquels ce pays la rembourse sont en train de s’envoler.

Le ministre de l\'Economie et des Finances italien, Giovanni Tria, au Luxembourg, le 1er octobre 2018.
Le ministre de l'Economie et des Finances italien, Giovanni Tria, au Luxembourg, le 1er octobre 2018. (JOHN THYS / AFP)

La tension est de plus en plus vive entre l’Italie et l’Union européenne. Le gouvernement italien a tenu une nouvelle réunion tard mardi 2 octobre. Il a confirmé qu’il ne reculerait pas sur ses objectifs budgétaires. Pour certains, c’est une petite bombe au sein de la zone euro.

Ce qui inquiète, c’est la capacité de l’Italie à réduire sa dette, la deuxième plus importante de la zone euro après la Grèce. La croissance économique de l'Italie est atone (1% à peine), l’argent ne rentre pas dans les caisses publiques et comme le risque est grand, les taux d’intérêt auxquels l’Italie rembourse sa dette sont en train de s’envoler. Problème : plus de 60% de la dette italienne est aujourd'hui détenue par les italiens eux-mêmes. Les taux s’envolent, ce qui fragilise directement. Mardi, le gouvernement a déclaré qu’il ne descendrait pas en-dessous de 2,2% de déficit par rapport au PIB (la richesse économique produite par l’Italie sur un an) en 2020, alors que le gouvernement précédent de centre gauche prévoyait un déficit de 0,8%.

L’Italie est confrontée à un problème à la fois économique et politique

L'Italie est aujourd’hui fatiguée des réformes. Sur le plan économique : depuis le lancement de l’euro en 2002, le pays a eu une politique plutôt rigoureuse mais il n’a pas réussi à créer de la croissance, à cause notamment de la mauvaise productivité de ses entreprises et du vieillissement de sa population. L’Italie est le seul pays de la zone euro dont le niveau de revenus par habitant n’a pas progressé depuis la création de la monnaie unique.

Ce qui nous amène sur le terrain politique : lors des dernières élections législatives, les Italiens ont décidé se tourner vers des responsables qui promettent un autre système, et ils ont voté pour la Ligue d’extrême droite et le Mouvement 5 étoiles, les populistes. Bref : tant sur le plan économique qu’en termes de volonté politique, rien n’est compatible avec le pacte de stabilité et de croissance européen.

L’Italie peut-elle sortir de la zone euro ?

Va-t-on vers un Italexit ? Il y a des dissensions sur ce point au sein même de la coalition gouvernementale. Certains sont pour quitter l’euro, d’autres non. Les Italiens sont perdus : ils voient que l’euro ne leur a pas apporté la prospérité et, en même temps, ils ont peur. Voilà où nous en sommes aujourd’hui. Situation très tendue et l’extrême droite italienne continue de jeter de l’huile sur le feu, ce qui n'arrange rien.

 

Le ministre de l\'Economie et des Finances italien, Giovanni Tria, au Luxembourg, le 1er octobre 2018.
Le ministre de l'Economie et des Finances italien, Giovanni Tria, au Luxembourg, le 1er octobre 2018. (JOHN THYS / AFP)