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Le décryptage éco. Le gouvernement lance le revenu universel d'activité

C’est le coup d’envoi du revenu universel d’activité. Mais rien à voir avec le revenu universel proposé par Benoît Hamon lors de la dernière campagne présidentielle. Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Opinion").

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 Illustration d\'un formulaire de revenu universel d\'activité.
 Illustration d'un formulaire de revenu universel d'activité. (MAXPPP)

Le gouvernement lance le revenu universel d'activité. C'est une des principales mesures qu’Emmanuel Macron avait annoncées en septembre dernier quand il a présenté son plan pauvreté. Il s’agit de donner un revenu de base, un socle minimal d’argent aux plus démunis. Mais on est loin de l’idée de Benoît Hamon de donner une allocation de 600 - 700 euros à tout le monde, que l’on travaille ou pas.

Un revenu attaché à un contrat avec l'État

Pour Emmanuel Macron, ce revenu d’activité sera forcément conditionné à une recherche d’activité. Le président avait parlé d’un "contrat d’engagement réciproque" entre le bénéficiaire et l’Etat L’allocataire devra s’engager à tout faire pour se former, s’insérer et retrouver un travail.  

Ce revenu reste à construire et on n'en connaît pas le montant. La secrétaire d’Etat Christelle Dubos, en charge du dossier, lance jeudi 14 mars le chantier, c’est-à-dire la réflexion, le diagnostic, la concertation. Ce que l’on sait déjà en revanche, c’est que dans ce revenu universel d’activité le gouvernement veut regrouper, fusionner au moins trois aides sociales actuelles : la prime d’activité, le RSA mais aussi l’APL, l’aide personnalisé au logement. D’autres allocations pourraient y être intégrées comme le minimum vieillesse, la garantie jeune .Ce sera en discussion.    

Une allocation sociale unique

L'objectif est de simplifier, dit le gouvernement. Aujourd’hui il y a trop d’aides. Les bénéficiaires sont perdus, ils ne les demandent pas. C’est souvent trop compliqué de monter plusieurs dossiers, de s’adresser à plusieurs administrations. D’où l’idée de tout regrouper. Le gouvernement a aussi un objectif d’efficacité. Il veut mettre en place un guichet unique d’insertion, pour mieux orienter les aides sociales vers ceux qui en ont le plus besoin.  

Impossible de dire précisément combien de personnes ce RUA va concerner, mais aujourd’hui, il y a un peu moins de deux millions de personnes qui sont au RSA. Et côté prime d’activité, 3,5 millions  de foyers en bénéficient mais cela devrait monter jusqu’à cinq millions de ménages depuis que le gouvernement l‘a élargie, dans le cadre des mesures "gilets jaunes". Ce devrait être donc entre cinq et sept millions de personnes, soit beaucoup moins que ce qu’imaginait Benoît Hamon dont le revenu universel visait un tiers des Français. Il faut s'attendre à des contreparties, même si cette question fait débat dans la majorité. Est-ce que ce sera des heures de bénévolat ? Rien n’est acté ni tabou, dit le gouvernement. Mais quand il avait parlé du revenu universel d’activité, en septembre, Emmanuel Macron avait évoqué l’obligation d’accepter des offres d’emploi.

Ce revenu ne sera pas effectif avant deux ans. Le gouvernement vise une loi en 2020 pour une mise en œuvre avant la fin du quinquennat.   

 Illustration d\'un formulaire de revenu universel d\'activité.
 Illustration d'un formulaire de revenu universel d'activité. (MAXPPP)